De quelle mobilité avons-nous vraiment besoin ?

6 décembre 2016 / Lutopik



  • Présentation de la revue par son éditeur :

À l’heure où des millions de réfugiés sont forcés à une mobilité imposée par la guerre ou la terreur, nos problèmes d’embouteillages, de manques de pistes cyclables et de tarifs ferroviaires exorbitants sont bien relatifs. Mais derrière ces tracas du quotidien, la question de la politique des transports soulève des enjeux très importants, à commencer par la préoccupation environnementale. Le transport est le principal émetteur de gaz à effets de serre tout en rejetant d’autres polluants, essentiellement à cause de la route. Car après avoir façonné le territoire, l’automobile en reste la reine.

Sur le rail, la vitesse est privilégiée au détriment d’un maillage du territoire. Les infrastructures de transports sont de plus en plus soumises aux règles des compagnies privées et à leur unique souci de rentabilité. Le fret est déjà ouvert à la concurrence et le trafic voyageur s’y prépare. Les autoroutes, elles, ont été vendues en 2006 par l’État à trois compagnies qui donnent des milliards à leurs actionnaires.

Se pencher sur ces questions, c’est imaginer l’idée d’un service public de transport, qui permettrait à chacun de se déplacer facilement sans trop polluer. L’idée qui revient souvent pour inverser la logique actuelle est de faire payer au routier le coût qu’il représente pour la société, ce qui permettrait véritablement de développer des alternatives.

C’est aussi questionner nos besoins de mobilité, et envisager de réduire nos déplacements en relocalisant certaines de nos activités. La voiture, en rendant très pratique le fait d’aller jusqu’au magasin plus loin et moins cher, a fini par condamner de nombreux petits commerces de proximité. Or, comme vous pourrez aussi le lire dans ce numéro, l’ouverture d’un bar ou d’une épicerie contribue à insuffler de la vie en zone rurale et à réduire les déplacements. Un effort qui pourrait aussi être fait pour nos déjections, qui sont pour leur part transportées par l’eau jusqu’aux stations d’épuration. Les toilettes aussi auraient bien besoin d’une optimisation de leurs réseaux pour récolter une ressource plutôt que de se débarrasser d’une pollution. Quant aux Voisins vigilants, qui clôturent ce numéro, ils nous rappellent que certains déplacements peuvent être signalés comme suspects…

Et si vous l’êtes, vigilants, vous n’aurez pas manqué de constater que Lutopik a changé son prix, en affichant désormais cinq euros au lieu de quatre. C’est à la fois peu et beaucoup puisque cela représente potentiellement 25 % de recettes supplémentaires sur la vente de numéros ou d’abonnements, notre principale ressource. Nous n’avions jamais augmenté notre prix depuis la sortie du premier exemplaire en août 2013, voilà qui est fait ! Avec plus d’argent, nous espérons pouvoir continuer à rémunérer les contributeurs de ce magazine. Nous avons plus que jamais besoin de vous, chères lectrices et chers lecteurs, pour poursuivre cette aventure journalistique. Si vous nous appréciez, n’hésitez pas à le faire savoir autour de vous, à nous relayer sur les réseaux sociaux, à laisser traîner des numéros, à nous en commander plusieurs ou à tester notre nouvelle formule d’abonnement soutien à trente euros ou plus !

Sommaire

  • p.4 Initiative - Autisme : des logements sociaux pour plus d’autonomie
  • p.6 Dossier Transports

Tous mobiles, à quels prix ?

Entretien avec Jean-Charles Kohlhaas, spécialiste des transports : « Nous faisons l’inverse de ce qu’il faudrait faire »

Mais où va la SNCF ?

Le low-cost, rêve du transport aérien, aberration économique

La guerre des bus

Transports gratuits : une piste à suivre

Les villes se mettent en selle

Le covoiturage trace sa route

La grande traversée : Turquie-France en auto-stop

  • p.31 Lu dans la presse
  • p.32 Portfolio : traces de phosphate en Tunisie
  • p.36 Reportage - Le champ commun : un commerce incroyablement normal
  • p.42 Dossier toilettes sèches

Les toilettes sèches sortent du trou

Gink’oop : faire ses courses et ses commissions

  • p.48 Enquête - Quartiers sous surveillance

- Tous mobiles. À quel prix ?, par Lutopik, magazine trimestriel, no 12, automne 2016, 5 €.

Source : Lutopik




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