Des capitalistes s’inquiètent de la « bulle sociale »

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4 avril 2011 / Xavier Bruckert



Il y a de quoi rire : un conseiller financier s’inquiète de la possible révolte des classes moyennes européennes, si elles refusaient de payer la dette bancaire. Car, suggère l’article, si la « bulle sociale » explose, nos investissements vont perdre de la valeur !


Et si la prochaine bulle était sociale ?

La semaine dernière, l’Europe a tenté d’imposer au Portugal une potion d’austérité amère pour condition de son soutien financier. Il s’agit d’éviter, nous dit-on, une possible faillite généralisée du système bancaire et un éclatement de l’euro. Le Portugal a refusé ces conditions et son parlement a renvoyé le premier ministre, M José Socratès. L’événement politique est assez important pour être relevé.

Les Grecs et les Irlandais avaient avalé l’amère potion en protestant. Avaler toutefois ne veut pas dire digérer. Même les Britanniques, si paisibles et civiques, se mettent à protester. Il n’est pas certain que leur estomac puisse en supporter beaucoup plus.

La question que doit se poser l’investisseur est la suivante : sommes-nous devant une grogne sociale qui passera ou assistons-nous aux prémices d’un véritable tremblement de terre ? Il n’est pas certain, en effet, que les contribuables et les chômeurs, présents et futurs, de ces pays soient d’accord et que les imprudents prêteurs puissent éternellement compter sur leurs efforts. Que feront les Espagnols quand sonnera l’heure ? Et les Français ? Signe des temps, bon nombre de financiers pensent, avec réalisme qu’il leur faudra accepter ce qu’ils appellent un « haircut »(1) sur la dette de certains Etats européens.

L’Europe est en apparence un paisible continent qui repose sur une plaque tectonique jusque-là stable : celle des classes moyennes. C’est elle qui risque de se mettre en mouvement. Le printemps arabe, dont il ne faut pas occulter la dimension sociale, nous rappelle que cette tectonique-là nous réserve des secousses aussi brutales qu’irrésistibles.

Nous verrons alors si nos édifices sociaux et financiers sont capables de résister.






Source : http://blog.bruckertfinance.fr/2011...

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