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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Des gendarmes dans les écoles

« Tout va bien ? » Dans l’Hérault, les gendarmes sont venus à plusieurs reprises s’enquérir de la grève dans les écoles. N’ont-ils rien de plus utile à faire ?

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Montpellier le 8 février 2009

à :

Monsieur l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault,

Objet : interventions des services de gendarmerie dans certaines écoles de l’Hérault.

Monsieur,

En ma qualité de secrétaire départemental du SNUipp 34, je souhaite attirer votre attention sur les faits suivants :
-  le jeudi 22 janvier, les gendarmes sont passés vers 9H30 à l’école de Brignac (circonscription de Lodève) pour vérifier « si tout se passait bien »
-  le lundi soir 19 janvier, un gendarme s’est présenté à l’école de Jonquières (circonscription de Lodève) pour savoir s’il n’y avait pas « de troubles à l’ordre public »
-  durant toute la semaine du 19 au 23 janvier, coup de fil tous les matins à l’école de Jonquières de la gendarmerie de Gignac pour savoir « si tout allait bien »
-  le jeudi 22 janvier, deux gendarmes sont entrés dans la cour de l’école Georges Brassens de Paulhan (circonscription de Lodève), entre 8H35 et 8H45. Ils ont relevé qu’il y avait des banderoles sur la clôture et demandé si les enseignants n’étaient pas gênés par des parents qui occuperaient éventuellement l’école (ce qui n’était pas le cas). Ils voulaient savoir si les évaluations CM2 se déroulaient dans des conditions normales
-  le jeudi 29 janvier, jour de grève dans l’Education nationale, deux gendarmes se sont présentés à l’école Mario Roustan de Mauguio (circonscription de Lattes) pour demander aux enseignants non grévistes de leur donner le nombre de grévistes sur l’école. Devant le refus ferme de nos collègues, ils ont insisté arguant qu’ailleurs « on leur avait donné le renseignement ».

Au nom des enseignants de l’Hérault, le SNUipp élève la plus vigoureuse protestation contre de telles démarches que rien ne saurait justifier.

L’ordre public n’étant nullement menacé dans les écoles mentionnées ci-dessus, pas plus que dans les autres d’ailleurs, le SNUipp vous demande instamment une explication et une clarification sur le cadre de telles interventions. Les services de gendarmerie mis en cause dans les faits relatés plus haut ont-ils agi à la demande de vous-même, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de Messieurs les Inspecteurs des circonscriptions concernées, du Préfet de l’Hérault ? Doit-on considérer désormais que de telles démarches, inédites dans nos écoles jusqu’à présent, entrent dans les nouvelles prérogatives de la gendarmerie, liées au rapprochement de la gendarmerie nationale et de la police nationale au sein du même Ministère, celui de l’Intérieur ?

Vous comprendrez aisément, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, que de telles initiatives ont suscité une profonde indignation parmi les enseignants et les parents d’élèves, légitimement mobilisés depuis plusieurs semaines contre une politique ministérielle qui porte gravement atteinte à l’école publique et à l’avenir des enfants qu’elle a la responsabilité d’instruire.

Je vous demande donc, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de faire toute la lumière sur les faits rapportés et de prendre les dispositions nécessaires pour que de telles pratiques ne se reproduisent plus. Nos écoles aspirent à fonctionner dans un climat de sérénité, de respect du travail des enseignants, des élèves et des initiatives de coopération et d’action constructives entre enseignants et parents, hors de toutes pressions, intimidations, quels qu’en soient les instigateurs.

Nos collègues enseignants, les parents élèves, indignés par ce qui s’est passé, attendent eux aussi des réponses claires et précises sur les faits que je vous ai exposés.

Persuadé de l’attention que vous ne manquerez pas de porter à notre demande et dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, à notre profond et sincère attachement au service public, laïque de l’Education nationale.

Pour le SNUipp/FSU 34,

Joël Vezinhet, secrétaire départemental

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