Du bétail sauvagement attaqué en Bretagne… mais ce n’est pas le loup

Durée de lecture : 2 minutes

13 janvier 2014 / Alexandra Thierry (Le Télégramme)



Des bovins mutilés, une ânesse mise à mort, Arzano et Pont-Scorff (Morbihan) sont en ébullition. Des loups ? Non. On pense à des chiens… introuvables.


« C’est exceptionnel ! Des attaques sur des moutons, ça oui, on en voit régulièrement mais là, des attaques sur des bovins, ce n’est pas normal », rapporte l’adjudant-chef Didier Mestric de la brigade de Pont-Scorff. Depuis juillet 2013, vingt-et-une attaques, dont deux mortelles, ont été recensées sur du bétail appartenant à des agriculteurs des communes d’Arzano et de Pont-Scorff, avec des pics pendant l’été, puis en novembre et décembre. Entre ces deux périodes : rien.

Réunis hier à la mairie d’Arzano, les agriculteurs se passaient les photos : des génisses et même un taureau aux antérieurs mutilés et aux oreilles déchiquetées, une ânesse mise à mort, dont le cadavre recense d’innombrables blessures.

Les agriculteurs pointent du doigt « deux chiens, de type Bas-Rouge », aperçus à plusieurs reprises près des exploitations. La seule explication plausible.De très gros chiens à en juger par les empreintes laissées, photographiées par les agriculteurs. Les chiens n’attaquent que la nuit, parfois près des habitations et semblent bien portants. Ils restent à ce jour introuvables « personne ne les reconnaît » au grand dam des propriétaires de bétail qui s’étonnent. « Si ces chiens ont des propriétaires, comment font-ils pour ne rien remarquer, le sang, la boue ? Ça ne passe pas inaperçu quand même ! »

Pour les exploitants, « c’est une perte sèche. J’ai deux animaux tués, une génisse et une ânesse, mais pour que l’assurance m’indemnise, il aurait fallu que les bêtes soient de la même espèce », explique Eric Le Ny, agriculteur à Pont-Scorff. À cela s’ajoutent les frais engendrés par la constatation de la mort et l’enlèvement des bêtes ou les soins par les services vétérinaires. « Mes génisses sont gestantes. Plusieurs avortements à cause de la peur, que je ne pourrais prouver et une bête morte, ça chiffre dans les 5.000-6.000 € », souligne Jacques Vallégant.

Des lieutenants de louveterie ?

La gendarmerie de Pont-Scorff a enregistré deux plaintes et un signalement, celle de Quimperlé, une plainte. L’affaire est épineuse explique l’adjudant-chef Mestric : « On se penche sur le dossier car il y a réitération mais on travaille en périphérie de notre cadre. Ici, il s’agit du code rural et non du code pénal ». La gendarmerie ne dispose ni de moyens humains, ni de moyens techniques pour partir sur les traces des canidés.C’est pourquoi, tous lancent un appel à témoins (*) pour obtenir des informations le plus rapidement possible et faire éventuellement intervenir des lieutenants de louveterie pour des battues. « Les gens commencent à avoir peur, certains n’osent plus sortir de chez eux le soir », rapporte Eric Le Ny.





Source et photo : Le Télégramme.

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