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Ecolo, Hugo Chavez ?

Durée de lecture : 2 minutes

7 octobre 2012 / Hervé Kempf


Hugo Chavez, le président du Venezuela candidat à sa réélection le 7 octobre, suscite une haine à peine dissimulée dans les médias en Espagne, aux Etats-Unis et en France. Si l’on en était resté à leur lecture depuis quelques années, rien ne se ferait de bien dans ce pays, qui serait devenu une sorte de tyrannie.

Tellement de haine, donc, contre M. Chavez qu’on en oublie une analyse réfléchie et des critiques légitimes. Portant sur la question écologique, par exemple, dont bien sûr les médias se contrefichent. Et pourtant ! Le président sortant reste-t-il fidèle à son discours écologiste de décembre 2009 à Copenhague, inspiré par divers auteurs parmi lesquels Jésus-Christ, Karl Marx et Rousseau ?

Rien n’est moins sûr. Ses partisans soulignent à juste titre le chapitre de la Constitution de 1999 consacré à l’environnement, le refus des cultures transgéniques et des agrocarburants en 2007, l’abandon des projets nucléaires en 2011 après Fukushima. On relève aussi une interdiction exemplaire de la pêche industrielle en 2009, qui a relancé la pêche artisanale et rétabli les stocks de poissons. On salue des programmes d’échanges de semences paysannes et une politique agricole qui cherche à développer l’agro-écologie, l’agriculture urbaine et les coopératives agricoles. On rappelle que le Venezuela est un des pays abritant la biodiversité la plus riche et que la forêt amazonienne y reste moins attaquée que sur ses autres frontières.

Mais l’écologie du Venezuela a un versant noir, le pétrole, dont il est un des premiers producteurs mondiaux. La gestion n’en est guère exemplaire, et une grave marée noire s’est produite en février le long de la rivière Guarapiche, aux dégâts encore inconnus, mais semble-t-il très importants. Un autre épanchement a eu lieu en août dans une raffinerie à Curaçao, démontrant de nouveau l’impéritie de la compagnie nationale. Surtout, si le discours climatique du Venezuela est très radical, sa pratique reste celle d’un pays pétrolier, décidé à utiliser ses réserves jusqu’à la dernière goutte.

Le Venezuela abrite aussi d’immenses réserves d’huile lourde, dont l’exploitation est presque aussi polluante que celle des sables bitumineux du Canada, et qui représente un potentiel immense de gaz à effet de serre. M. Chavez n’a pas dit qu’il ne les exploiterait pas. On peut le comprendre, mais cette contradiction empêche certes de le considérer comme écologiste.




Source et photo : Cet article a été publié dans Le Monde daté du 7 octobre 2012.

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