Elisabeth Badinter est milliardaire, elle possède 10 % de Publicis

Durée de lecture : 2 minutes

11 février 2010 / Corinne Morel-Darleux

Après le matraquage du produit BHL, nous avons droit au matraquage du produit Badinter, estampillé « 100 % féminisme » - et subliminalement 100 % anti-écolo. Un seul détail oublié par les médias, libres, comme chacun sait : Mme Badinter est un des plus gros actionnaires du trust publicitaire Publicis.


Aujourd’hui, les messages se sont succédés sur ma boite mail en réaction à la journée France Inter d’Elisabeth Badinter et ses propos sur l’écologie, qui donnerait la part belle au machisme et favoriserait le retour de la « maternité naturaliste ».

On apprend également qu’elle aurait refusé, par le biais de son attachée de presse, de parler de voile, pour « ne pas perturber la campagne promotionnelle de son livre ». Elle s’était pourtant déjà prononcée sur cette question.

Des messages déçus et perplexes, donc, sur ces positions d’Elisabeth Badinter... Quelle mouche l’a donc piquée ?

Peut-être la réticence d’Elisabeth Badinter est elle liée au fait que celle-ci, comme nous le rappelle fort opportunément D Schneidermann, fille et héritière de Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de Publicis, est aujourd’hui la deuxième actionnaire, et la présidente du conseil de surveillance de la multinationale publicitaire...

On interprète différemment, à la lumière de cette information, qu’Elisabeth Badinter ait pu être « scandalisée » par l’interdiction faite aux hôpitaux publics de continuer à se faire les relais, dans les maternités, de la publicité, dons d’échantillons gratuits à l’appui, des fabricants de biberons et de lait maternisé, et qu’elle trouve apparemment choquant et « régressif » qu’on puisse préférer donner aux enfants de la purée de brocolis frais plutôt qu’un petit pot industriel, ou encore privilégier les couches lavables / réutilisables plutôt que jetables...

Serait-ce finalement là un nouveau plaidoyer contre la régression écolo qui assassine le commerce ?

... Mais ce n’est qu’une hypothèse, encore du mauvais esprit ;)

Si le combat écologique ne doit pas être synonyme de régression sociale, il doit à coup sur l’être de régression capitaliste et publicitaire, qu’on se le dise !



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Source : http://www.lespetitspoissontrouges....

Lire aussi : Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, p. 62.

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