En Ethiopie, les plantations de canne à sucre menacent les tribus de l’Omo

Durée de lecture : 2 minutes

16 mars 2012 / Survival France


Les autorités éthiopiennes ont révélé par erreur l’existence d’un ambitieux projet de relocalisation des tribus de la basse vallée de l’Omo qui font obstacle à un vaste programme de plantation.

La carte que Survival International s’est procurée était incluse dans un rapport interne de l’Agence nationale de conservation de la faune (EWCA) qui étudie l’impact environnemental du projet de plantations de canne à sucre dans la vallée de l’Omo et montre les lieux où le gouvernement éthiopien prévoit de relocaliser les tribus dont les terres et les communautés seront affectées par les projets de développement.

Elle dévoile l’ambition démesurée de ce projet qui est déjà en train de détruire les terres des tribus mursi, bodi et kwegu.

Des sources bien informées nous ont confirmé qu’au moins trois camps de relocalisation étaient en cours de construction sur le territoire des Bodi, au nord de la vallée inférieure de l’Omo.

Tandis que s’accélère à un rythme effréné le développement de la vallée de l’Omo, les violents abus de droits de l’homme envers les communautés tribales deviennent monnaie courante.

‘Je n’attends plus que la mort maintenant que le gouvernement a pris ma terre… Il veut rassembler tous les peuples de la vallée de l’Omo dans un seul lieu’, a déclaré un Mursi à Survival.

Il a été annoncé à de nombreuses tribus que le gouvernement confisquerait leur bétail (une part importante de leurs moyens de subsistance). Ils n’auront alors pas d’autre choix que de devenir des ouvriers dans les plantations qui occuperont leurs terres. Comme le dénonce un Bodi : ’Le gouvernement nous ment quand il nous dit que lorsque nous aurons quitté nos terres il subviendra à tous nos besoins alimentaires’.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘La divulgation inopportune de cette carte révèle l’intention non avouée du gouvernement éthiopien de relocaliser les tribus dans la vallée inférieure de l’Omo. S’ajoutant aux nombreux rapports sur les évictions violentes et les manœuvres d’intimidation dont le gouvernement use pour parvenir à ses fins, ce document confirme l’objectif final de ce dernier - et son refus de respecter les droits de quiconque se trouve sur son chemin’.

Une mission de l’Unesco est au Kenya depuis le 14 mars. Elle est chargée de mener une enquête approfondie dans la région du lac Turkana pour répondre aux préoccupations des Nations-Unies quant aux impacts culturels et environnementaux du barrage de Gibe III sur la population, estimée à un demi-million de personnes, vivant en aval de l’Omo, en particulier dans les environs du lac Turkana.



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Source : Survival France

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