L’Assemblée nationale s’oppose à la relance des hydrocarbures dans les outre-mer
Les députés ont finalement rejeté la proposition de loi visant à relancer la recherche d’hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer. - © Kayden Moore / Pexels
Les députés ont finalement rejeté la proposition de loi visant à relancer la recherche d’hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer. - © Kayden Moore / Pexels
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Jeudi 11 juin, les députés ont finalement rejeté, par 74 voix contre 64, la proposition de loi visant à relancer la recherche d’hydrocarbures dans les territoires d’outre-mer. Un texte à rebours de la loi Hulot de 2017, qui interdit les nouvelles concessions d’exploitation d’hydrocarbures en France, sur terre comme en mer.
Déposé par le sénateur guyanais Georges Patient (groupe macroniste), le texte avait pourtant été adopté au Sénat. Il s’est ensuite heurté à une vive opposition des députés de gauche et écologistes, en partie pour des raisons environnementales. En revanche, plusieurs députés ultramarins, communistes, RN-UDR, Horizons et LR l’ont soutenu.
Le rapporteur du texte, l’indépendantiste Jean-Victor Castor (groupe GDR) n’a pas caché sa déception et dénonce « une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon ou pas pour nous », rapporte l’AFP.
En toile de fond de ce débat parlementaire : l’enjeu du développement de la Guyane, où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Les élus guyanais voient donc une issue dans l’exploitation d’hydrocarbures.
Les profits ne ruissellent pas
À gauche, on est sceptique. La députée écologiste Julie Laernoes a jugé que ce texte représentait « une démission écologique » et « une menace pour des territoires déjà les plus exposés [au] changement climatique ». Le député LFI Maxime Laisney a souligné que les profits des grandes majors pétrolières ruissellent rarement jusqu’aux populations.
Une position également soutenue par certaines associations environnementales, comme Les Amis de la Terre France, qui se sont félicités du résultat du vote par communiqué de presse : « À travers leur vote, les députés ont évité d’ancrer dans le droit français un recul environnemental majeur, et de créer une France à deux vitesses, avec des territoires ultramarins “polluables”, et d’autres en France hexagonale préservés. Une situation similaire au scandale du chlordécone dont on sait aujourd’hui qui en paie le prix fort. »
Reporterre s’est aussi fait l’écho de voix guyanaises condamnant cette proposition de loi, comme celle de Michel Dubouillé, ancien élu local écologiste et membre du collectif Stop offshore Guyane et de Raphaëlle Rinaldo, directrice de Sepanguy, la plus ancienne association naturaliste de Guyane : « Plutôt que de faire miroiter un carburant qui sera moins cher dans dix ans, nous devrions mettre notre énergie sur la promotion de filières liées à la biodiversité (formation, tourisme, recherche) ou sur les questions d’accès au foncier et de souveraineté alimentaire », estime-t-elle.