Arctique : le changement climatique menace l’héritage archéologique
Vestiges de cuves à graisse présentes dans un camp de chasseurs de baleines néerlandais du XVIIe siècle, dans le nord-ouest du Svalbard, en Norvège. - © Angrense / CC BY-SA 3.0
Vestiges de cuves à graisse présentes dans un camp de chasseurs de baleines néerlandais du XVIIe siècle, dans le nord-ouest du Svalbard, en Norvège. - © Angrense / CC BY-SA 3.0
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Le changement climatique ne menace pas seulement notre avenir : il détruit aussi les traces du passé. Dans la région arctique, qui se réchauffe quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale, la fonte du pergélisol, la montée des eaux et l’érosion côtière menacent les sites archéologiques. C’est ce dont s’inquiètent deux chercheuses norvégiennes, dans une étude publiée le 20 mai dans la revue PLOS One.
Les chercheuses se sont penchées sur les tombes de populations de chasseurs de baleines du XVIIe siècle, dans l’archipel arctique du Svalbard. En comparant les excavations archéologiques réalisées dans les années 1980 à celles opérées dans les années 2010, elles ont observé une hausse significative de la dégradation des objets de fouille. Les restes de textiles, pratiquement intacts dans les années 1980, étaient presque complètement dégradés dans les tombes fouillées plus récemment. Les tombes elles-mêmes et les squelettes sont également de plus en plus dégradés.
L’étude de ces squelettes révèle l’histoire de ces populations de baleiniers qui ont connu des conditions de vie difficiles, les os marqués par le stress et la malnutrition. La perte de ces vestiges menace à la fois la connaissance scientifique et l’héritage culturel de cette région, écrivent les scientifiques.
« Ces squelettes nous racontent le coût humain de la première industrie de l’huile [de baleine] d’Europe. Avec la fonte du pergélisol et l’accélération de l’érosion côtière, nous perdons des archives entières de vies humaines, qui ne pourront jamais être retrouvées. Nous ne perdons pas que des paysages mais aussi les histoires humaines préservées avec eux », précisent les autrices. Elles appellent à revoir les politiques de préservation de cet héritage culturel arctique, pour prioriser les sites les plus menacés.