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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Energie : le Japon croit aux hydrates de méthane‏

Le Japon lance un vaste programme de prospection de ses fonds marins afin d’évaluer les quantités présentes d’hydrates de méthane. Les ressources pourraient permettre de couvrir la consommation de gaz du pays pour un siècle.


Le gouvernement japonais a lancé lundi 10 juin en mer du Japon (ouest) une vaste prospection d’hydrates de méthane, une ressource énergétique dont regorgeraient ses fonds marins mais qui n’est toujours pas exploitée pour des raisons techniques et économiques.

C’est la première fois que le ministère de l’Industrie (Meti) entreprend une telle prospection pour quantifier le volume d’énergie de ce type en cet endroit précis, sous la mer du Japon, même si la présence de cette « glace qui brûle » y est attestée et que des instituts privés ont pris les devants pour la cartographier.

Cette campagne durera jusqu’au 20 juillet et associe un organisme public de recherche (l’Institut national des sciences et technologies avancées, AIST) et des spécialistes de l’Université privée de Meiji. Ces investigations se poursuivront ensuite pendant trois ans, dans le cadre d’un vaste plan visant à exploiter ces ressources au-delà de 2020, car il faudra encore des années pour fiabiliser les techniques et tenter de réduire considérablement le coût d’extraction.

Une ressource présente dans les lieux à forte sismicité

Le Japon est toutefois l’un des plus avancés dans ce domaine. En mars dernier, des chercheurs nippons avaient réussi pour la première fois au monde à extraire des fonds sous-marins du gaz d’hydrates de méthane. Cette tentative, qui avait été précédée d’expériences d’extraction continentale il y a quelques années au Canada, avait été conduite par la société nationale JOGMEC et l’AIST à environ 80 kilomètres au large de la péninsule d’Atsumi dans les eaux du Pacifique (centre-sud).

Les fonds sous-marins des eaux territoriales japonaises au large d’un pan étendu de sa côte sud, de Shizuoka à Wakayama, en recèlent de très grandes quantités qui avoisineraient dix ans de besoins en gaz pour l’archipel.

Mais selon des chercheurs du secteur privé, les gisements les meilleurs seraient de l’autre côté, en mer du Japon. « Si le Japon en est entouré, c’est que les hydrates de méthane sont surtout présents dans les lieux à forte sismicité », explique Chiharu Aoyama, chercheuse spécialiste des ressources énergétiques au Centre indépendant de recherche générale.

Le Japon, à la jonction de quatre plaques tectoniques, est sans doute le pays le plus secoué de la planète, avec plus de 20% des séismes les plus violents recensés sur terre chaque année. Selon certaines estimations, au total, l’archipel détiendrait pour un siècle ou plus de consommation de gaz sous forme d’hydrate de méthane, alors qu’il est jusqu’à présent tributaire de l’étranger, contraint d’importer 95% de son énergie.


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