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21 juin 2013 / Vélistance


« Manifeste engagé pour une urbanisation saine, durable et non-violente »

Militer

Pour devenir vélistant, c’est très simple, il suffit de se masquer le visage lors de trajets à vélo (écharpe, foulard, masque).

Etre Vélistant, cela permet d’exprimer simplement, de manière visuelle et sans agressivité l’idée que la situation actuelle n’est pas acceptable. Cette démarche peut être entreprise pour les raisons suggérées ci-dessous ou non.

Participez en envoyant votre photo de vélistant.

Situation

La voiture occupe aujourd’hui une place prépondérante dans nos sociétés actuelles. Rares sont ceux qui envisagent que cette solution évolue à l’avenir. Pourtant, la situation actuelle n’est pas supportable à tous les points de vue.

La voiture c’est bien

Personne ne peut nier que la voiture a des qualités que d’autres moyens de transport urbains n’équivalent pas. Et ce serait se voiler la face que de ne pas chercher à comprendre ce qui lui vaut un tel succès. Il me semble qu’un automobiliste prend son véhicule principalement pour trois raisons :

◾Rapidité : la voiture parcourt en peu de temps des distances que le cycliste ou le piétons ne sont pas capables d’égaler.
◾Flexibilité : avec une voiture, finies les 10 minutes d’attente du prochain bus ou le retour anticipé avec le dernier train, sans parler des 15 minutes pour arriver à la gare, à supposer que la personne soit valide.
◾Confort : certainement plus controversé, certains apprécient s’enfermer dans leur véhicule à écouter l’issue des bouchons à la radio, mais on leur donne tout de suite moins tort lorsqu’il pleut à torrent par 3°C au coeur de l’hiver.

Pourtant la voiture c’est mal

Mais c’est sans compter tous les méfaits qu’apportent l’omniprésence des voitures dans nos villes.

◾Individualisme : à l’exception de quelques initiatives comme le covoiturage, la voiture est le contre-exemple des économies collaboratives, étant par nature un isolant social.
◾Bruit : une ville serait tellement plus paisible sans les bruits de moteurs et de klaxons incessants. On pourrait alors discuter le long d’un boulevard, s’interpeller de l’autre côté de la rue ou tout simplement être moins à bout de nerf.
◾Danger : à quoi bon prendre le risque d’avoir des accidents de voiture ?
◾Espace public : difficile d’accepter que les 3/4 de la chaussée public soient réservés à l’usage de la voiture alors que les espaces urbains étouffent de plus en plus.
◾Santé publique : non seulement l’air de nos villes est largement pollué par les gaz d’échappement (et les cyclistes sont en première ligne d’inhalation), mais il est difficile de ne pas marcher l’heure quotidienne préconisée pour être en forme lorsque on utilise les transports en commun. C’est moins évident lorsqu’on est garé au pied de chez soi.
◾Dépendance énergétique : enfin, qu’on le veuille ou non, il va falloir apprendre à vivre sans pétrole dans un futur presque imminent. Cette transition d’usage ne se fera pas du jour au lendemain, ou alors elle sera inévitablement violente.

Repenser les usages de la voiture

Mais tous les points qui viennent d’être énumérés résultent du fait que les voitures sont trop nombreuses, trop irrespectueuses, pas du simple fait de leur existence. Aussi ce que propose ce manifeste, c’est de prendre le problème à l’envers :

Comment rendre la voiture moins rapide, moins flexible et moins confortable que les moyens de transports alternatifs pour en décourager l’usage dans toute situation où il est possible de faire autrement ?

C’est le sens moyen de parvenir à un réel changement d’usage et de mentalité. Préconisations...

Préconisations

L’essentiel des mesures proposées ici repose sur l’idée qu’il faut distinguer deux types de routes : les routes primaires, permettant de se rendre quelque part et les routes secondaires permettant de faire l’appoint dans sa destination. Cette distinction doit être formelle, c’est-à-dire signalisée sur la chaussée.

1.Immédiateté : Encourager la pratique du vélo et de la marche à pied pour faire évoluer les usages et les mentalités.

◾Les feux de circulation (invention par les automobilistes pour les automobilites : un cycliste adapte sa vitesse en fonction de son niveau d’information aux intersections) s’appliquent aux vélos et aux piétons comme des Cédez-le-passage. Sauf grand axe de circulation (route primaire), obligation de réduire la vitesse des voitures à 30km/h même si le feu est vert. Sur les grands axes, installation de passage sous-terrain ou de passerelle pour les piétons (pas de passage clouté).

◾Les sens interdits ne s’appliquent jamais aux vélos qui ont toujours la place de circuler dans les deux sens : c’est la voiture qui est trop grosse. Cf. Carfree
◾Créer de grands axes cyclables couverts (la pluie un principal frein à l’utilisation quotidienne du vélo) mais ouverts.
◾Sanctionner sévèrement l’utilisation du klaxon à mauvais escient.
◾Sanctionner sévèrement les stationnements sur voies cyclables. Cf. cette image

2.Anticipation : Faire que la voiture ne devienne qu’une solution de replis si aucune alternative n’est possible.

◾Limiter la vitesse à 30km/h sur toutes les rues secondaires, et appliquer cette mesure. Cf. Ville30
◾Créer des parkings aux sorties des villes, immédiatement reliés aux stations de transport en commun pour accéder simplement en ville une fois le véhicule garé.
◾Interdire progressivement de se garer dans les rues secondaires.
◾Interdire aux voiture l’accès aux rues secondaires le week-end
◾Laisser l’industrie automobile être démunie face à la crise sans subventions étatiques : pour une fois que la main invisible du marchéagit positivement. Cf. Velomaxou

3.Utopie : Repenser la ville pour en isoler la voiture en la mettant sous-terre

◾Construire de grands axes automobiles sous-terrains permettant une desserte raisonnable de toute la ville, à l’image des stations de métro.
◾Transiter de manière parfaitement fluide avec les hubs des transports en commun, une fois garé dans un parking sous-terrain.
◾Ne laisser sur terre que des bus, les véhicules publics (police, ambulance etc.), et certains taxis pour lesquelles il faut une autorisation spéciale pour pouvoir les emprunter (ex : carte handicapé). Ces véhicules partagent la chaussée public avec tous les autres non-motorisés, limités à 30km/h comme partout "sur terre". Seule les situations d’urgence notifiées par une discrète sirène dérogent à cette règle.



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Source et image : Vélistance

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