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Et la nature

Durée de lecture : 2 minutes

28 janvier 2011 / Françoise Gigleux

“Il est temps de changer notre point de vue sur le monde"


Les crises qui secouent régulièrement le monde de la finance et ébranlent les constructions virtuelles derrière lesquelles nous vivons cachés, ouvrent une nouvelle voie où refonder nos forces, oser nos vies, questionner notre rapport au monde et inventer de nouvelles perspectives. En choisissant la voie/x de l’espoir, de la sagesse et du courage, il est possible de creuser de nouveaux sillons et de tenter de prendre en main notre destin, qui a pour horizon : « Environnement », « Europe », « Ethique », « Culture », « Sciences », etc.

En effet, s’il est vrai que nous avons tous notre part de souffle dans la tempête qui agite les places financières et le monde en général, s’il est clair que notre mode de croissance creuse les déséquilibres entre riches et pauvres, entre Nord et Sud, « il est patent, comme le dit Jean-Claude Besson-Girard, dans le n° 3 de la revue Entropia, que notre conscience – et par conséquent notre éthique et notre morale – n’est pas à la mesure des outils de notre puissance, ce qui est un facteur essentiel d’irresponsabilité ».

Il est temps de « changer de chaise » pour changer notre point de vue sur le monde. De toute façon, la chaise sur laquelle nous sommes assis est disloquée !

« Tsunami », » ouragan », « tempête  »… autant de métaphores empruntées à la nature pour parler des vagues successives et violentes qui assaillent les milieux économiques et par conséquent les plus pauvres d’entre nous.

Pourquoi ne pas emprunter justement à la nature – à des taux fixes et respectueux – les forces qui l’habitent ? Pourquoi ne l’envisageons-nous pas à la fois comme sujet et objet de notre projet et de nos équilibres planétaires, comme vade-mecum et indicateur de nos initiatives personnelles et collectives ?

Nous ne parlons ces jours-ci que du grand désordre qui mélange les tapis de jeu de quelques responsables inconséquents. Mais qu’en est-il des cartes souterraines et irréversibles qu’on ne peut déjà plus jouer sur le plan climatique, énergétique, environnemental et humain ?

Je choisis pour ma part le pouvoir éclairant et transformateur de l’eau. Mircea Eliade en évoquant le chaos primordial que « l’eau, par son absence de forme propre, représente au mieux », nous invite à voir dans cette « masse indifférenciée » toutes les possibilités de création, un « réservoir de toutes les possibilités d’existence ». L’eau, par sa polysémie, nous invite à l’horizontalité, la transversalité, au décloisonnement.

Puisque les systèmes en place révèlent leurs limites, s’essoufflent et nous épuisent, puisons donc l’inspiration ailleurs !… et réinvestissons la nature (et non pas « dans la nature » !) et le vivant : l’eau est le pont qui peut nous mener sur cette autre rive.

Tendre un verre d’eau à l’Autre qui a soif n’est-il pas un geste naturel, la base du pont dont nous sommes tous de potentiels architectes ?




Source : Courriel à Reporterre.

Françoise Gigleux anime le projet « L’eau est le pont ».

Contact : http://leauestlepont.free.fr

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