José, reviens

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6 mars 2012 / La Décroissance

« José, il n’y aura pas d’écologie politique sans rupture avec les postures de soumission. À défaut, il ne reste plus que des logiques d’aménagements qui cautionnent un système mortifère. Nous n’avons pas besoin d’un écolo-technocrate de plus ; notre système en produit des légions. Non, ce dont nous avons besoin, c’est de rebelles, de dissidents, d’hommes et de femmes debout. »


Cher José Bové,

Après une vie de rebelle, tu as rejoint Daniel Cohn-Bendit, l’« enfant chéri des médias » (1), VRP du capitalisme vert, de l’Europe libre-échangiste et incarnation de la figure du révolté repenti devenu le plus efficace apôtre et chien de garde de l’ordre en place. Tu as ensuite soutenu le présentateur de TF1, Nicolas Hulot, et son cirque médiatique.

Tu touches désormais les gros euros-sesterces d’émoluments de député européen. Mais le plus important ne relève pas ici du comptable : il se joue sur le plan symbolique. Tu incarnais cet « irréductible Gaulois » qui « résiste encore et toujours à l’envahisseur ». Ton revirement a créé des dégâts symboliques considérables dans la société : il a donné à penser que toute résistance est vaine ; qu’Astérix s’est vendu à McDo. À ce titre, la campagne de publicité de cette multinationale de la « junk-food », représentant le village gaulois festoyant dans un de ses restaurants, est tout un symbole.

José, beaucoup de nous ont admiré la force de ton engagement, ont cru en toi et ont donné d’eux pour ta campagne présidentielle de 2007. Le sentiment d’avoir été dupés, de s’être fait utiliser pour revendre un capital médiatique et d’avoir été les dindons de la farce est fort.

José, il n’y aura pas d’écologie politique sans rupture avec les postures de soumission. À défaut, il ne reste plus que des logiques d’aménagements qui cautionnent un système mortifère. Nous n’avons pas besoin d’un écolo-technocrate de plus ; notre système en produit des légions. Non, ce dont nous avons besoin, c’est de rebelles, de dissidents, d’hommes et de femmes debout.

Cet été nous partirons du McDonald’s de Millau pour rejoindre à bicyclette le Parlement européen à Strasbourg. Nous viendrons t’y chercher pour t’inviter à rejoindre à nouveau le camp de la dissidence. Nous te porterons la pétition présente. Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, reviens, José !

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(1) Médias (revue de célébration du système médiatique), décembre 2008.




Source : Jose reviens

Ecouter aussi : José Bové, à quoi sert-il d’être député européen ?

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