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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Joyeuse action antinucléaire à Cadarache

Une action non-violente combinée du Théâtre de l’invisible, des Clowns activistes, et d’autres manifestants antinucléaires a eu lieu mercredi 26 au matin à Pertuis, pour dénoncer le centre de Cadarache, à l’issue des « Rencontres d’été du réseau Sortir du Nucléaire ». Cette semaine d’échanges et d’ateliers d’information s’est tenue cette année à Grambois dans le Luberon, avec le soutien de l’association locale Mediane.

« Incident nucléaire à Cadarache, voici les consignes à suivre, des informations supplémentaires vous seront communiquées au prochain rond-point. Veuillez fermer votre vitre » était le message diffusé aux automobilistes se rendant à leur travail, par des personnes en pantalon bleu foncé et en chemise bleu ciel ou en combinaison blanche (de peintre) distribuant les tracts. Quelques mètres plus loin une dame en tenue d’infirmière distribuait des fausses pastilles d’iode à la menthe. Bien sûr le tract réclamant la conversion de Cadarache en un centre de recherche sur les énergies renouvelables ne laisse aucune ambiguïté aux automobilistes qu’il ne s’agissait que d’une simulation dont ils étaient l’objet. Le rond-point suivant dédramatisait la situation avec une joyeuse troupe de clowns activistes chantant et dansant au son d’une mini-fanfare, décontaminant les voitures au plumeau, avec des banderolles « Stop Iter, oui aux énergies renouvelables » ou « CaCadarache, 35 000 m3 de déchets radioactifs » déployées sur le terre-plein central. Pour clore l’action, le rond-point suivant affichait une grande banderole de 10 m x 15 m : « Le nucléaire tue l’avenir ».

« L’objectif est de mettre l’espace d’une seconde les riverains dans la situation et si c’était vraiment le cas ? et de leur faire prendre conscience des risques liés aux déchets radioactifs des 19 installations nucléaires de base du très discret centre de Cadarache, juste à côté » confie un participant. André Larivière, du Réseau Sortir du Nucléaire, interviewé au téléphone par la radio France Bleu Provence, confie que « ce centre de CaCadarache est un vrai pustule pour la région ».

La grande majorité des gens, comme cette camionnette d’un installateur de panneaux solaires, souriaient aux clowns ou klaxonnaient ostensiblement en soutien, visiblement heureux qu’on ose briser le tabou du nucléaire et exprimer leurs inquiétudes. Quelques grincheux pressés passaient plus rapidement. La route s’étalant sur deux départements, on a pu constater une réaction différente des forces de l’ordre qui sont venues surveiller l’action.

Côté Cadarache, les agents étaient plutôt inquiets et pas très bons partenaires (sauf quand la présence ostensible de leur voiture de police crédibilisait encore plus la situation, et qu’ils faisaient la circulation pour les manifestants). Des activistes se présentent à la police dépêchée sur les lieux « Bonjour, on mène une petite action d’information sur les risques du nucléaire, on en a pour une heure. - Vous avez vos papiers ? On va relever les identités de tout le monde » La policière un peu hautaine cherchait visiblement la petite bête et semblait bien embêtée (pour son chef ?) de la présence des activistes. Un policier faisait parfois ostensiblement circuler les voitures sous le nez des agents d’information. Négociation avec la police : « Bon, nous on va rester jusqu’à ce qu’on ait fini de distribuer nos tracts, si on pouvait trouver le bon compromis entre fluidité du traffic et diffusion du message... - Ah bon ? Et il vous en reste beaucoup ? - Une bonne centaine ». Finalement les 600 tracts prévus ont été distribués. Les RG se sont également présentés, inquiets comme à leur habitude de savoir à la fin de l’action si les activistes n’allaient pas poursuivre avec une autre action plus loin : « Vous rentrez vraiment, là ? Parce que sinon, moi je me fais massacrer ! »

Dans le département voisin, la police était beaucoup plus détendue, et même souriante, se souciant de la sécurité des joyeux drilles. « Faites juste attention avec les voitures. Vous terminez votre semaine à Grambois, c’est ca ? Moi j’habite juste à côté. - Ah, vous allez nous soutenir, alors ? - Désolés on peut pas trop, là. Mais on a nos opinions personnelles nous aussi. » Ce qui semble confirmer l’hypothèse qu’un peu à l’écart des centres nucléaires, l’omerta ne soit pas aussi forte sur le sujet. A l’heure où les incidents dans les centrales se multiplient, tant d’inquiétude de la part du pouvoir face aux actions n’est pas le signe d’une confiance sereine dans cette technologie.

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