L’AFP menacée de reprise en main

Durée de lecture : 3 minutes

11 décembre 2008 / SOS AFP



L’Agence France Presse assure une information de base assez indépendante grâce à un statut original ni public ni privé. Mais le gouvernement voudrait aujourd’hui soit la ramener dans le giron de l’Etat soit la privatiser. Deux issues qui la domestiqueraient totalement. Une pétition est lancée contre ces tentatives.

L’indépendance de la presse est un des biens les plus précieux de notre démocratie.
L’Agence France-Presse, qui est non seulement la source de la grande majorité des informations diffusées en France mais également l’une des trois seules grandes agences de presse au niveau mondial, est aujourd’hui menacée dans son indépendance et même son existence, sous sa forme actuelle.
L’AFP est dotée d’un statut unique, défini par une loi de 1957 destinée à garantir son indépendance structurelle à l’égard des pouvoirs publics et de tout autre "groupement idéologique, politique ou économique".
Sa mission est "de rechercher tant en France qu’à l’étranger les éléments d’une information complète et objective".
Depuis près d’un an, les velléités de mettre fin au statut particulier de l’AFP, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’entreprise, sont de plus en plus nombreuses.
En témoignent les attaques sans précédent dont l’agence a récemment fait l’objet de la part de certains hommes politiques proches du pouvoir en France.
Tantôt on l’a traitée d’"agence d’Etat" en souhaitant ouvertement sa privatisation, tantôt on lui a reproché de ne pas être assez prompte à répercuter les communiqués de presse du parti au pouvoir.
Aujourd’hui, des projets bien avancés menacent le statut et l’indépendance d’une entreprise qui est unique en son genre, à savoir ni publique, ni privée.
Il serait notamment question de transformer, voire d’abolir, le statut garanti par le Parlement afin de permettre la transformation en société anonyme et l’entrée d’actionnaires.
De tels changements, intervenant à une époque de grands bouleversements dans le paysage médiatique, sans parler de l’économie mondiale, risquent fort de se traduire par la mainmise d’intérêts particuliers ou étatiques sur l’ensemble de l’information destinée au citoyen.
Par conséquent :
Nous soussignés, citoyens, salariés de l’Agence France-Presse et organisations attachés au pluralisme et au droit à une information complète et objective, affirmons notre soutien à l’indépendance structurelle de l’AFP.
Depuis plus de cinquante ans, son statut ne l’a pas empêchée de devenir l’une des trois grandes agences de presse mondiales, présente sur les cinq continents et travaillant dans six langues.
Nous refusons toute modification qui aurait pour effet soit de transformer l’AFP en agence gouvernementale, soit de la livrer en totalité ou en partie à des entreprises privées quelles qu’elles soient et sous quelque forme que ce soit.
Nous exigeons que l’agence conserve sa particularité, sa capacité à remplir sa mission d’intérêt général et son indépendance structurelle. Par conséquent, nous nous opposons à toute modification qui dénaturerait son statut, inscrit dans la loi de 1957.





Source : www.sos-afp.org

26 septembre 2020
Mobilisation climat : faisons place à la vie
Tribune
22 septembre 2020
À Dijon, une zad pour préserver un îlot de nature en ville
Reportage
23 septembre 2020
La réforme de la recherche « ne nous incite pas à prendre soin du monde dans lequel on vit »
Entretien