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Tribune

L’économie ordinaire entre songes et mensonges

La théorie économique s’est bâtie sur le modèle de la science physique classique. Mais elle n’a pas pris en compte les découvertes ultérieures de la thermodynamique. D’où son incapacité à rendre compte du monde actuel.


Cet ouvrage éclaire de manière originale l’un des paradoxes les plus importants – et les plus graves – de notre époque : d’une part, la « science » économique se donne pour mission, à travers l’obligation de croissance, de combattre la rareté supposée originelle et de promouvoir l’abondance et, de l’autre, on constate que cette démarche conduit, finalement, à une pénurie programmée de l’ensemble des ressources, qu’elles soient renouvelables ou non.

Il est devenu urgent de comprendre les raisons de cette erreur fatale. D’où la nécessité d’interroger les présupposés, ou les axiomes, sur lesquels repose la « science » économique. Ce livre ne cherche pas à faire un choix entre les différentes écoles qui s’efforcent de dominer le champ. Il vise à saisir l’origine d’un raisonnement (économique) qui est à la fois obsolète et dangereux.

Pour faire valoir le caractère « scientifique » de leur démarche, les premiers économistes se sont largement inspirés de la mécanique newtonienne qui prévalait à leur époque : d’où l’importance accordée aux forces (du marché), à la masse (monétaire), aux flux (financiers), à l’élasticité (de l’offre ou de la demande), à la balance (commerciale) etc. Mais cette perspective – qui prévaut toujours – n’a pas tenu compte des découvertes scientifiques ultérieures, et notamment de l’importance de la seconde loi de la thermodynamique.

Le présupposé de la rareté, l’imaginaire de l’homo oeconomicus, la magie de l’équilibre du marché, le contresens de l’utilité constituent autant de faiblesses conceptuelles qui entraînent la théorie économique à construire un monde enchanté, sans rapport avec celui qui existe réellement et donc à prescrire des politiques génératrices de crises successives, non seulement financières, mais surtout énergétiques, alimentaires et climatiques.

L’histoire et l’anthropologie montrent que les pratiques sociales sont loin de confirmer les postulats de la « science » économique et c’est donc sur de tout autres bases qu’il convient de proposer un nouveau paradigme économique pour passer de l’obsession de croissance à une nouvelle compréhension du monde (tel qu’il est et non tel que l’on voudrait qu’il soit) qui s’inspire largement de la démarche des objecteurs de croissance.


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