L’efficacité énergétique dans le monde ne progresse plus beaucoup

Durée de lecture : 3 minutes

16 octobre 2013 / Ademe



Une étude sur l’efficacité énergétique dans le monde montre que les progrès patinent.


Un relatif consensus international émerge. Il voit l’efficacité énergétique comme une stratégie bénéfique pour chaque partie prenante : réduction de la dépendance aux importations d’énergie, réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie, préservation de la compétitivité des entreprises et du pouvoir d’achat des ménages…

Toutefois, ces bonnes nouvelles apparaissent en trompe-l’oeil, avec un ralentissement généralisé de l’efficacité énergétique sur les années récentes. Les disparités régionales demeurent et des solutions nouvelles doivent être trouvées pour tenir compte de la réalité de chaque pays et ainsi passer à la vitesse supérieure.

L’efficacité énergétique est devenue une réalité mondiale mais de fortes disparités persistent

L’édition 2013 du rapport sur l’efficacité énergétique dans le monde, réalisé par l’Ademe (Agence de l’environnement et la maitrise de l’énergie) pour le Conseil Mondial de l’Energie, avec le concours d’Enerdata, pointe les progrès sensibles observés partout dans le monde avec des différences régionales encore notables, fortement influencées par les économies dites émergentes.

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Depuis 1990, au niveau mondial, l’intensité énergétique primaire (i.e. le ratio entre la consommation d’énergie primaire et le PIB d’un pays) a diminué au rythme de 1,3 % par an en moyenne et la diminution de l’intensité énergétique finale (i.e. le ratio entre la consommation finale d’énergie et le PIB) se révèle encore plus importante, de 1,6 % par an. [Mais cette baisse s’est fortement ralentie dans les années récentes, comme le montre le graphe ci-dessous :]

Cette différence s’explique par l’augmentation rapide de la consommation d’électricité dont la production génère des pertes énergétiques dues aux faibles rendements de production et donc une baisse de l’efficacité du système de transformation de l’énergie.

Au-delà de l’impact de la crise économique, l’efficacité énergétique progresse dans la plupart des pays du monde sous l’effet des politiques mises en place. Les écarts de performance sont notamment liés à des contextes économiques disparates comme, par exemple, la forte présence de l’industrie lourde en Chine, ou les prix de l’énergie au Moyen-Orient et au sein de la Communauté des Etats Indépendants. Le ralentissement important de l’efficacité énergétique en Inde et surtout en Chine depuis 2008 est préoccupant et pèse fortement sur les performances mondiales.

D’un point de vue sectoriel, l’intensité énergétique des transports a diminué dans toutes les régions du monde, de 10 % en moyenne entre 1990 et 2011. La baisse est encore plus forte en Chine et en Inde, où la consommation d’énergie des transports par habitant est beaucoup plus faible que dans l’OCDE. Les progrès dans la consommation d’énergie des voitures, le développement des transports collectifs et le renchérissement du coût des carburants expliquent ces différences.

Dans le secteur résidentiel, si la consommation d’énergie par ménage a diminué de 0,8 % par an en moyenne au niveau mondial depuis 1990, les disparités nationales persistent. Les écarts sont particulièrement forts en termes de consommation électrique : 750 kWh par ménage par an en Inde, contre 1 300 en Chine, 3 500 en Europe, 5 000 au Japon et encore 10 000 en Amérique du Nord !





Source : Communiqué de presse de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).

Photo : Connaissance des énergies

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