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En bref — Climat

L’humanité s’engage dans une « spirale d’autodestruction » selon l’ONU

CC BY-SA 3.0 / Neptuul / Wikimedia Commons

L’humanité entre dans une spirale d’autodestruction. Voici le constat dramatique dressé dans un rapport publié le 26 avril par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes.

Ce document explique que les catastrophes vont se multiplier dans le monde, mettant en danger des millions de vies et anéantissant tous les progrès sociaux et économiques des dernières décennies. Le tout à cause d’une « perception erronée des risques basée sur "l’optimisme, la sous-estimation et l’invincibilité" de nos sociétés, conduisant à des décisions politiques, financières et de développement qui exacerbent les vulnérabilités existantes et mettent les personnes en danger ». Très concrètement d’ici 2030, la planète pourrait subir 560 catastrophes par an, soit 1,5 chaque jour.

« Le monde doit faire davantage pour intégrer les risques de catastrophes dans notre façon de vivre, de construire et d’investir », a déclaré Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale des Nations Unies, qui a présenté le rapport au siège de l’ONU à New York. Elle a incité les pays à se désengager de cette « spirale d’autodestruction ».

« Le monde finance sa propre destruction »

Aux effets à long terme des catastrophes s’ajoute le manque d’assurance pour aider à la reconstruction. Depuis 1980, seulement 40 % des pertes liées aux catastrophes étaient assurées. Les taux de couverture dans les pays en développement étaient souvent inférieurs à 10 %, et parfois proches de zéro, selon le rapport.

« En ignorant délibérément le risque et en ne l’intégrant pas dans la prise de décision, le monde finance effectivement sa propre destruction », a déclaré Mami Mizutori, représentante spéciale du secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe.

Ce rapport n’est pas totalement pessimiste et montre comment les décideurs politiques pourraient enclencher une dynamique positive. Il offre notamment des exemples dont les pays peuvent s’inspirer, comme la taxe carbone innovante du Costa Rica sur les carburants lancée en 1997, qui a contribué à inverser la déforestation tout en profitant à l’économie. En 2018, 98 % de l’électricité au Costa Rica provenait de sources d’énergie renouvelables.

« La bonne nouvelle est que les décisions humaines sont les principales contributrices au risque de catastrophe. Nous avons donc le pouvoir de réduire considérablement les menaces qui pèsent sur l’humanité, et en particulier sur les plus vulnérables d’entre nous », a conclu Mami Mizutori.

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