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Climat

Fortes sécheresses, pluies intenses… Un « super El Niño » pourrait arriver

Un étang asséché par une vague de chaleur intense en 2024 dans la province de Bến Tre, au sud du Vietnam.

Un épisode extrême du phénomène El Niño est annoncé. Avec le réchauffement climatique, il pourrait avoir des effets particulièrement importants.

Un nouvel El Niño s’annonce. Personne n’est pris par surprise puisque ce phénomène climatique connu pour provoquer des pics de température à l’échelle de la planète revient tous les 2 à 7 ans. Mais les modèles de climat prédisent un épisode extrême. Cumulé avec le réchauffement climatique, il pourrait avoir des effets particulièrement lourds.

El Niño avait contribué, en 2023 et 2024, au dépassement de 1,5 °C de la température moyenne depuis la fin du XIXe siècle. « Un épisode intense, qui peut entraîner une hausse de la température globale de 0,2 °C, pourrait provoquer un nouveau record de chaleur, puisque la température globale continue de se réchauffer », explique Christophe Lavaysse, climatologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Le scientifique précise toutefois : « Il reste des incertitudes sur la survenue d’un El Niño intense. » En effet, un tel phénomène correspond à une anomalie de 2 °C supplémentaire mesurée à la surface de l’océan Pacifique, une observation qui n’a pas encore été faite. Il faudra attendre la fin de l’été pour en avoir le cœur net. Mais les modèles sont plutôt robustes, puisque cet événement océanique est plus prévisible que les phénomènes atmosphériques, par nature plus chaotiques.

La sécheresse la plus forte jamais enregistrée

L’Europe ne sera pas touchée. Il n’existe aujourd’hui aucun lien démontré entre El Niño et les variations du climat européen. En revanche, d’autres régions du monde risquent d’en faire les frais, en particulier la région pacifique. Lors d’un épisode El Niño, les alizés qui soufflent d’est en ouest au-dessus du Pacifique ralentissent, voire s’inversent. L’Asie du Sud-Est devient alors exposée à de fortes sécheresses, avec en particulier des risques d’incendies et de pertes de récoltes.

À l’inverse, la côte ouest de l’Amérique du Sud peut redouter de fortes pluies. Ainsi que des risques pour la sécurité alimentaire, liée cette fois à la diminution du poisson. En effet, l’eau chaude poussée vers les côtes chiliennes ralentit les remontées d’eau froide si propice à des eaux poissonneuses. D’autres régions sont aussi menacées. Le super El Niño de 2016 avait entraîné la sécheresse la plus forte jamais enregistrée en Afrique australe.

Jusqu’à présent, l’emballement des événements El Niño à cause du changement climatique n’a pas été observé, les deux derniers épisodes les plus intenses datant de 1998 et 2016. Mais les climatologues sont formels, les effets cumulés d’El Niño et du réchauffement global vont intensifier les événements extrêmes dans certaines parties du globe.

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