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Climat

L’ouest du Canada suffoque sous une vague de chaleur record

Températures de plus de 45 °C fin juin au Canada.

Depuis le 25 juin, l’ouest canadien connaît une « vague de chaleur prolongée, dangereuse et historique ». À Lytton, à 260 kilomètres au nord-est de Vancouver, le mercure est monté à 47,5 °C ce lundi, battant le précédent record du pays, établi… la veille.

Montréal (Canada), correspondance

Les écoliers d’une quinzaine de districts scolaires de la Colombie-Britannique sont restés chez eux lundi 28 juin. Il faisait trop chaud pour tenter d’apprendre quoi que ce soit. Assez pour que des magasins et restaurants baissent le rideau et que des rendez-vous de vaccination contre le Covid-19 soient décalés.

Les employés provinciaux qui décrochent lorsqu’on appelle le 911, le numéro d’urgence, eux, n’ont pas chômé. Entre vendredi et lundi matin, le téléphone a sonné plus de 230 fois pour des insolations et des cas d’épuisement liés à la chaleur, d’après le média public CBC. En un mois, c’est une moyenne vingt fois supérieure à l’an dernier. « Les ambulanciers et les répartiteurs sont à bout de souffle », dit sur les ondes de la radio publique canadienne Troy Clifford, président des ambulanciers de la province.

Ces derniers jours, le mercure a grimpé au-delà des 45 °C dans plusieurs villes, et avec l’indice humidex, les habitants de la vallée du Fraser, à l’est de Vancouver, pouvaient avoir l’impression qu’il faisait plus de 50 °C. L’agence fédérale environnementale parle d’une « vague de chaleur prolongée, dangereuse et historique ».

L’effet cocotte-minute

Le climatologue d’Environnement Canada David Phillips évoque, sur les ondes de CBC, « un dôme thermique de haute pression au-dessus de certaines parties de l’ouest, qui crée un effet comparable à celui d’un couvercle qu’on poserait sur de l’eau bouillante ». Cette masse d’air chaud stagnante n’est pas une invitée surprise au-dessus du 49e parallèle. Comme souvent, elle remonte du Mexique en longeant l’Ouest américain. Mais elle monte plus haut vers le nord que d’habitude et se double ici d’un anticyclone qui encapsule l’air chaud à haute pression. « La température continue de monter, et il n’y a pas de vent non plus pour faire bouger les masses d’air », explique David Phillips.

La météorologue de CBC Johanna Wagstaffe parle d’un effet direct du changement climatique et assure que d’autres vagues du même genre vont se fracasser sur le pays les étés qui viennent. Avant que le mercure ne s’envole ces derniers jours, le dernier record de chaleur au Canada datait de 1937, avec 45 °C, relevés dans les prairies de la Saskatchewan.

Des rivières sortent de leur lit

La fonte des glaciers et du manteau neigeux de la chaîne côtière Pacifique s’accélère et ce sont les rivières qui trinquent. Des habitants de la vallée de Pemberton, au nord de Vancouver, ont reçu l’ordre d’évacuer leurs logis, car les cours d’eau sortent de leur lit. Les autorités régionales demandent aussi d’éviter de se promener sur les sentiers, à cause des risques en hausse d’inondation.

La canicule élève aussi la pollution au niveau du sol. Vancouver alerte sur un haut niveau d’ozone troposphérique, lié à des réactions entre l’oxyde d’azote, un produit de la combustion des énergies fossiles, et des composés organiques volatils, qui augmentent quand l’air chaud stagne.

La vague de chaleur pourrait commencer à se dissiper mercredi 30 juin dans certaines régions du sud de la Colombie-Britannique, mais reste bien ancrée au-dessus de l’Alberta, la Saskatchewan et des Territoires du Nord-Ouest pour les jours à venir. De quoi effrayer les producteurs de bleuets, qui ont peur pour leurs récoltes.

Pendant ce temps-là, preuve que le pays est immense et que les extrêmes s’y frôlent, Environnement Canada envoie des avertissements de gel pour Terre-Neuve-et-Labrador, à l’est. Un coup de froid qui pourrait, lui aussi, abîmer les cultures.

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