La France ne progresse pas face à la corruption

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4 décembre 2011 / Transparency International



Le niveau de perception de la corruption en France est toujours médiocre, indique le rapport de Transparency International : le pays est au 25e rang, loin derrière plusieurs pays européens.


Transparency International publie le 1 décembre son Indice de perception de la Corruption (IPC) 2011, un classement évaluant 183 pays en fonction de la perception du niveau de corruption affectant leur administration publique et classe politique.

Alors que 2011 a été l’année d’un élan irrésistible contre la corruption, deux tiers des pays évalués obtiennent une note inférieure à 5, sur une échelle allant de 0 (haut niveau de corruption perçu) à 10 (haut niveau d’intégrité perçu).

Comme en 2010, la France arrive au 25e rang, juste derrière les Etats-Unis. Elle demeure ainsi derrière de nombreux Etats européens tels que la Suède, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Principaux résultats

Dans l’IPC 2011, la Nouvelle-Zélande arrive en tête, suivie de la Finlande et du Danemark. La Somalie et la Corée du Nord (incluse dans l’indice pour la première fois) arrivent au dernier rang du classement.

La plupart des pays du Printemps arabe sont classés dans la moitié inférieure de l’indice, avec un score inférieur à 4. Avant le Printemps arabe, un rapport de Transparency International consacré à cette région soulignait que le népotisme, les pots-de-vin et le clientélisme étaient si profondément ancrés dans la vie quotidienne que même les lois anti-corruption existantes n’avaient que peu d’effet.

Les pays de la zone euro atteints par la crise de la dette, qui trouve en partie son origine dans l’échec des autorités à empêcher les pots-de-vin et l’évasion fiscale, font partie des pays de l’UE ayant obtenu les notes les plus basses.

La France reste au 25e rang

La France, avec une note de 7 sur 10 (+0.2 point) se maintient au 25e rang, juste derrière les Etats-Unis. Elle reste ainsi moins bien notée que de nombreux Etats européens tels que le Danemark (2e), les Pays-Bas (7e), l’Allemagne (14e), le Royaume-Uni (16e) ou encore la Belgique (19e), où les niveaux d’intégrité et de transparence de la classe politique et des services publics sont perçus comme étant mieux assurés que dans l’hexagone.

Le procès des emplois fictifs de la ville de Paris mettant en cause l’ancien Président le la République Jacques Chirac, les conflits d’intérêts dans la vie publique notamment mis en lumière par le scandale du médiator, l’affaire Guérini ou, encore, les développements de l’affaire Karachi ont très probablement contribué à ce que les observateurs internationaux continuent à avoir une image dégradée de l’administration et de la classe politique française.

Selon Daniel Lebègue, président de TI France, « la campagne "Avec la transparence, la démocratie avance" et les propositions soumises par notre association aux candidats à l’élection présidentielle de 2012 apparaissent plus que jamais indispensables, au vu des résultats de l’IPC 2011, pour susciter, dans notre pays, un sursaut démocratique et restaurer la confiance aujourd’hui très dégradée de nos concitoyens dans leurs élus et leurs institutions. »






Source : Transparency International

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