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La France réduit encore son aide au développement

L’engagement de la France de consacrer 0,5% de son PIB à l’aide au développement ne sera, une fois de plus, pas tenu en 2010.


Le 10 novembre, l’Assemblée nationale se réunit en commission élargie pour débattre des moyens consacrés à l’Aide publique au développement (APD) française pour 2010. Or ceux-ci seront largement insuffisants pour permettre à la France de respecter son engagement de consacrer 0,51% du Revenu National Brut (RNB) à l’APD en 2010. Un constat d’autant plus alarmant que les faibles moyens consacrés à l’aide française sont de moins en moins utilisés pour lutter contre la pauvreté et les inégalités, au profit de dossiers tels que la lutte contre l’immigration et la promotion des entreprises françaises.

Après une hausse en 2009, le montant de l’APD stagnera en 2010 à hauteur de 0,44% du RNB, soit 8,6 milliards d’euros. La France s’était pourtant engagée avec ses homologues européens, à porter son APD à 0,51% du RNB en 2010 pour atteindre 0,7% en 2015. Une promesse non tenue en 2010, qui pose la question du respect des objectifs pour 2015.

Les volumes d’APD en 2009 et 2010 reposent sur d’importants montants d’allègements de dettes (1,3 milliard € en 2010) et de prêts octroyés par l’AFD, pour l’essentiel à des pays émergents ou à revenu intermédiaire (1 milliard €), au détriment des moyens consacrés aux dons finançant les secteurs sociaux, en particulier en Afrique sub-saharienne. Les dons en chute libre depuis 2006, passent en effet de 322 millions € en 2006 à 175 millions € en 2010. La priorité donnée dans les discours à l’Afrique et à l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement est loin de se traduire dans la réalité.

En outre, l’aide française est de plus en plus instrumentalisée pour répondre aux objectifs de lutte contre l’immigration (notamment via les accords de gestion concertée des flux migratoires), sécuritaires (en Afghanistan, où l’aide civile est fléchée sur les zones de présence militaire française), ou de promotion des entreprises françaises (51% des marchés attribués par l’AFD en 2008 sont revenus à des entreprises françaises ou à leurs filiales).

Plus préoccupant, la France se serait alliée à l’Italie pour demander une suppression des références aux engagements de 2010 dans les conclusions du Conseil Affaires générales et relations extérieures de l’Union européenne des 16 et 17 novembre. Malgré l’opposition de pays tels que la Grande-Bretagne et de l’Espagne qui prévoient d’ailleurs de consacrer 0,6% de leur richesse nationale à l’APD en 2010, le plaidoyer franco-italien semblerait efficace, car le dernier projet de conclusions du Conseil ne comprend aucune référence aux engagements d’APD.


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