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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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La consommation électrique a baissé en France en 2011

Selon une estimation provisoire, la consommation électrique française a baissé de 6,6 % en France en 2011. Elle a atteint 479 terawattheures, le chiffre le plus bas depuis 2004.


Selon une estimation effectuée par l’association Agir pour l’Environnement à partir des données disponibles quotidiennement sur le site du Réseau de Transport de l’Electricité, il apparaît que la consommation électrique française a baissé de 6,6% entre 2010 et 2011 pour atteindre 478,9 TWh, soit la plus faible consommation hexagonale depuis 2004.

D’une année sur l’autre, la France a réduit sa consommation de plus de 33 TWh, soit la production annuelle de 5 à 6 réacteurs électronucléaires. A l’aune de ces premières estimations, il est possible d’affirmer que le double choix fait par la France de capacités de production essentiellement nucléaires allié au chauffage électrique amène notre pays à être très fortement dépendant des variations climatiques saisonnières.

En fonction de la clémence du temps ou de la rigueur de l’hiver, la consommation de notre pays peut varier de plusieurs dizaines de TWh. Le choix du chauffage électrique induit une fragilité extrême de notre système électrique. En période de grands froids, la France est obligée d’importer massivement une électricité rare et chère ; en période de relative douceur, un grand nombre de réacteurs deviennent tout bonnement inutiles.

De fait, en solidarisant les courbes de température à celles de la consommation électrique, la France s’oblige à se doter de surcapacité de production et d’un réseau de lignes à très haute tension totalement surdimensionné. Au regard des effets du dérèglement climatique, le choix fait par la France est un non sens économique, que le climat soit clément ou rigoureux. Lorsque les températures sont anormalement élevées, certaines centrales sont inutiles. Lorsque l’hiver est froid, les pointes de consommation principalement issues du chauffage électrique nous obligent à importer de l’électricité et à construire des lignes THT afin de renforcer nos connexions européennes.

L’association Agir pour l’Environnement s’interroge par ailleurs sur le chiffre d’affaire d’EDF, qui, selon toute vraisemblance, devrait fortement chuter d’une année sur l’autre à une époque où cette société est appelée à investir massivement dans la maintenance de ses réacteurs vieillissants tout en se soumettant aux prescriptions de l’ASN en matière de sécurité.

Le monolithisme énergétique de la France apparaît donc pour ce qu’il est : un géant aux pieds d’argile qui vacille à chaque variation du climat. A contrario, un système électrique reposant sur l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables apparaît plus flexible et apte à s’adapter aux aléas climatiques. La transition énergétique n’est pas seulement une nécessité écologique mais également une nécessité économique.


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