La crise alimentaire va s’aggraver

Durée de lecture : 3 minutes

26 janvier 2009 / Oxfam

Les prix agricoles mondiaux sont redescendus, mais ils restent très élevés. Et le ralentissement économique pèse sur la situation des populations pauvres.

Alors que s’ouvre aujourd’hui à Madrid la conférence de haut niveau sur « La sécurité alimentaire pour tous », Oxfam International publie un nouveau rapport sur la crise alimentaire et rappelle qu’à l’heure actuelle, la majorité des personnes souffrant de la faim dans le monde ne reçoivent toujours aucune assistance.

Ce rapport, intitulé « Un milliard de personnes ont faim », souligne que malgré la baisse des prix alimentaires ces derniers mois, ils ne sont pas redescendus à leur niveau d’origine, privant des millions de personnes supplémentaires d’une alimentation suffisante. La population souffrant de la faim ne cesse de s’accroître, touchant aujourd’hui un milliard de personnes, soit près d’une personne sur six dans le monde.

A cela s’ajoutent la récession économique mondiale qui limite un peu plus la capacité des pays pauvres à faire face à la crise alimentaire et l’augmentation des risques liés au changement climatique, qui accroît la fréquence et l’intensité des inondations, des sécheresses et des cyclones tropicaux. Les prix des produits alimentaires sont susceptibles de s’envoler à tout moment.

"La crise alimentaire est plus que jamais d’actualité. L’instabilité des marchés pétroliers et l’augmentation des risques liés au changement climatique accentuent la volatilité des prix alimentaires. Alors que les hausses brutales des prix privent les consommateurs pauvres de l’accès à la nourriture, leur chute soudaine détruit les moyens de subsistance des agriculteurs. A cela s’ajoute la récession économique mondiale, qui détruit des emplois, diminue les recettes publiques et réduit la capacité des pays du Sud à mettre en place des mécanismes de protection sociale pour les populations les plus vulnérables. Un cercle vicieux qui nécessite plus que jamais une action coordonnée de la communauté internationale " explique Jean-Denis Crola d’Oxfam France - Agir ici.

Face à cette situation, le soutien de la communauté internationale est insuffisant pour permettre aux gouvernements des pays touchés par la crise alimentaire d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis des familles confrontées à la faim et à la pauvreté. Les agences d’aide privilégient trop souvent la fourniture d’aide alimentaire, en provenance majoritairement des pays riches, aux solutions locales ou régionales, plus appropriées.

Le rapport « Un milliard de personnes ont faim » fait des recommandations fortes pour accroître la protection sociale des populations les plus vulnérables, comme un soutien aux programmes de travaux publics, à l’assurance d’un salaire minimum, à des transferts financiers ciblés ou à la mise en place de mécanismes d’atténuation des risques des catastrophes naturelles. Pour être efficaces, ces solutions nécessitent un financement prévisible et durable des bailleurs de fonds, ce qui, aujourd’hui, n’est toujours pas le cas.

"Face à la crise alimentaire qui perdure, les gouvernements et les agences d’aide doivent agir immédiatement et prendre des mesures financières concrètes et coordonnées pour apporter une aide d’urgence, mais surtout un soutien à long terme aux populations en situation de pauvreté chronique", affirme Jean-Denis Crola.

Le rapport appelle également à un partenariat mondial renouvelé, notamment pour améliorer l’efficacité des mécanismes existant et la cohérence des politiques énergétiques, commerciales, agricoles des pays riches pour préserver l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale.


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Source : http://www.oxfamfrance.org/php/cp_c...

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