La grande vague de froid a provoqué une pollution record aux microparticules

Durée de lecture : 3 minutes

29 février 2012 / Association santé environnement France



L’absence de vent a favorisé des concentrations élevées de microparticules. Mais l’impéritie des autorités joue aussi un rôle dans cette pollution de l’air importante.


Ces dernières années, nous nous sommes convaincus qu’après les pics de pollution à l’ozone de l’été, il y avait toujours la trêve hivernale qui nous permettait de mieux respirer... Mais ça c’était avant. Cette année, la récente vague de froid nous a prouvé que la pollution n’avait pas de saison ! Et cet hiver, c’est bien la pollution aux microparticules qui a fait sensation. Un phénomène qui n’est pas sans inquiéter les médecins de l’Association Santé Environnement France.

La trêve hivernale n’a pas eu lieu. La grande vague de froid de cet hiver a pulvérisé les records de pollution aux microparticules - aussi appelées PM10 et PM2,5. Présentes naturellement dans l’environnement, ces dernières sont surtout produites par les activités humaines. Principaux secteurs mis en cause : la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %), la transformation d’énergie par l’industrie (30 %), l’agriculture avec l’utilisation d’engrais (20 %) et les transports du fait notamment de la combustion de diesel (15 %) (1).

Cet hiver, si l’on n’a pas vraiment pollué plus que d’habitude, c’est le froid qui serait à l’origine de l’augmentation des pics de particules fines dans l’hexagone. A l’origine de cette augmentation ? L’absence de vent ne permettant pas le renouvellement de l’air. Un phénomène météorologique qui a des conséquences importantes. Prenons l’exemple de la région PACA où au cours des 2 premiers mois de l’année, un tiers des stations de mesure de la région ont déjà enregistré entre et 15 et 30 jours de dépassement de la valeur limite journalière pour les microparticules ! Rappelons simplement que la loi autorise un maximum de 35 jours de dépassement par an pour une même zone !!!

Petites, mais costauds ! Le problème, c’est que ces particules fines que nous respirons au quotidien sont nocives pour l’organisme. Elles progressent jusqu’au bout des voies respiratoires, atteignent les alvéoles et entraînent des maladies pulmonaires. Elles pénètrent ensuite dans la circulation sanguine et provoquent aussi des problèmes cardiovasculaires en bouchant les petits vaisseaux. Au cours de leur voyage au centre de nos corps, elles peuvent déclencher : bronchites chroniques, asthme, cancers du poumon, accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou encore infarctus du myocarde.

« En moyenne sur une année, on observe que les jours où les concentrations de particules fines sont élevées, les hospitalisations augmentent, de même que les taux d’infarctus ou d’AVC. Ainsi, une hausse de 10 microgrammes par m3 de la dose journalière entraîne en moyenne deux fois plus d’hospitalisations d’enfants et de personnes âgées », explique le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF.

Selon le Ministère de l’Ecologie, la pollution aux particules serait ainsi à l’origine de 42 000 morts prématurées par an en France et de 386 000 en Europe. L’an dernier, une étude (2) menée dans 12 pays européens a démontré que la diminution des particules fines dans l’air de nos villes permettrait d’augmenter notre espérance de vie. A Marseille, si on respectait l’objectif de qualité de l’OMS (10 microgrammes/m3), l’espérance de vie pourrait augmenter de 8 mois.

La vie n’a pas de prix. Cependant, le froid n’explique pas tout. Si, sous la contrainte juridique, le nombre de particules fines émises a légèrement baissé, chaque année la France dépasse malgré tout les normes européennes de concentration maximum. Elle a été rappelée à l’ordre à plusieurs reprises par la Commission, qui la menace de payer des sanctions. En plus du coût humain, du coût pour l’assurance maladie (allergies, asthmes, accidents-cardiovasculaires, etc.), nous payerions une fois encore en versant des pénalités à l’Union Européenne. Ne serait-il pas préférable sur tous les plans de trouver des moyens efficaces pour limiter nos émissions de microparticules ? Une chose est sûre, attendre l’été ne semble pas être une solution.

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Notes :

(1) Selon les chiffres du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa)

(2) APHEKOM (Improving Knowledge and Communication on Air Pollution and Health in Europe), coordonnée par Institut de veille sanitaire, 2 mars 2011






Source : Association Santé Environnement France

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