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La pomme française va mal


La pomme est le fruit préféré des Français. Oui mais voilà, les variétés qu’ils préfèrent sont aussi les plus exotiques : Gala, Granny-Smith et Pink Lady. Et les supermarchés, toujours prêts à satisfaire nos exigences, sont obligés d’en importer du Brésil, du Chili, d’Argentine et de Nouvelle-Zélande. D’abord parce que nous en produisons très peu en France, mais également parce que les consommateurs veulent en manger toute l’année, même lorsque ce n’est plus la saison. La France en importera ainsi cette année 150 000 tonnes, soit près de dix fois plus qu’il y a dix ans… Et pourtant, coût du transport oblige, ces variétés sont vendues plus cher que nos bonnes vieilles pommes du terroir.

Mais nos pommes « françaises » n’ont plus vraiment la cote. Et même la fameuse Golden, qui représente près de 40 % de la production française, ne fait plus recette. Les producteurs devraient donc lancer cette automne une offensive en direction des consommateurs. Ils souhaitent ainsi « donner envie » d’acheter « des pommes cueillies à la main, cultivées en France » et surtout que l’on peut manger sans avoir à les éplucher.

Mais surtout, ils espèrent pouvoir vendre leur production plus cher que leur prix de revient, ce qui n’a pas été le cas l’année dernière. Un comble : être obligé de vendre sa production moins cher que ce qu’elle leur a coûté ! Ils devraient être aidés en 2010 par une baisse de 10 % de la production européenne, et notamment en Pologne qui est aujourd’hui le premier producteur en Europe. Cette baisse de la production devrait faire un peu monter les prix, et donner une petite bouffée d’oxygène à ce secteur d’activité. Pour le consommateur, les prix devraient donc augmenter en 2010 d’une trentaine de centimes le kilo, les pommes atteignant ainsi un prix moyen au détail de 1,80 à 1,90 euro le kg.

Le but de l’opération de charme des producteurs auprès des consommateurs est aussi et surtout « de maintenir les vergers et les emplois qui vont avec », soit 40 000 salariés temps plein, a souligné de son côté le député UMP Jacques Remiller, président du groupe d’études sur les fruits et légumes à l’Assemblée nationale.

Au cours de l’hiver 2009, la France a perdu 1 500 ha de vergers, soit 4% de la totalité de la surface en raison des difficultés des agriculteurs. Selon Daniel Sauvaître, président de l’association nationale pommes-poires (ANPP), cette tendance devrait se poursuivre dans les mois à venir en dépit d’une amélioration des prix.

Avec quelque 2,2 millions de tonnes, les Français étaient les premiers producteurs européens en 2000. Mais en 10 ans, la France a perdu 25% de ses vergers de pommes et se retrouve désormais en troisième position derrière la Pologne (1e) et l’Italie (2e).

La France a également été le premier exportateur mondial de pommes, place que lui a désormais ravie la Chine. A elle seule, celle-ci assure près de la moitié de la production mondiale.

Alors, manger des pommes, oui, mais pas n’importe lesquelles ! Arrêtons de manger des fruits et légumes qui ont été cueillis verts, qui ont été boostés aux engrais les plus improbables, et qui ont parcouru des milliers de kilomètres pour arriver dans nos assiettes ! Commençons par soutenir nos filières locales ! Et mangeons des fruits de saison !


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