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La sécheresse s’étend en Europe


Il a fait trop sec en Europe du Sud. Notamment au Portugal, où le mois de février a été le plus sec en 80 ans, et en Espagne. « Les perturbations ne passent plus. (...) On assiste à une recrudescence des incendies de forêt et les cours d’eau connaissent des débits jusqu’à 80% inférieurs à la normale », notait récemment La Chaîne Météo. « Aucune amélioration, ou retour véritable de la pluie, n’est prévue », s’inquiète-t-on, car la sécheresse pourrait donner lieu « à des récoltes catastrophiques. »

Le Portugal frappe déjà à la porte de la Commission européenne, qui va anticiper le paiement de l’aide en faveur des agriculteurs. En Espagne, où l’hiver - le plus sec depuis 1940 - a causé des dégâts sur ses cultures céréalières, aggravant la pénurie d’alimentation des animaux, on a aussi formulé une telle demande. Ainsi, Bruxelles devrait verser 5,5 milliards d’euros à l’Espagne « aussitôt que possible ». D’autres pays, comme la Grèce, Chypre, mais aussi le Royaume-Uni, s’inquiètent de la sécheresse.

En France également, la situation est inquiétante. Après une année 2011 déjà historiquement chaude avec un printemps presque estival, 2012 s’annonce encore doux... et trop sec. Dans certaines zones près de la Méditerranée, il n’a pas plu une goutte depuis le début de l’année, le grand froid de février ayant empêché les précipitations. Les nappes phréatiques ne sont pas rechargées. Selon le Bureau de recherches géologiques et minières, le déficit 2012 est le plus remarquable depuis 1959. Pour l’Union des petits agriculteurs, il va encore manquer d’herbe en 2012. On devra alors nourrir le bétail avec du fourrage et du grain, ce qui devrait alourdir les coûts de production de 20%. L’année dernière, la sécheresse agricole a déjà coûté 241,7 millions d’euros.

Le Maroc sévèrement touché

La sécheresse touche particulièrement le bassin méditerranéen. Au Maroc, elle devrait plomber l’économie de 1 à 2 points de PIB : l’agriculture pèse pour 16,6% du PIB marocain et emploie 45% de la population. Le Maroc pourrait importer un volume record de blé pour 2012-2013, soit 5 millions de tonnes, un record depuis cinquante ans. Et ne plus produire que 2,3 millions de tonnes, contre 6 millions l’année dernière.

Plus au sud, en Mauritanie, le Programme alimentaire mondial a tiré la sonnette d’alarme. La sécheresse est dramatique : « Le nombre de personnes vivant dans l’insécurité alimentaire pourrait grimper jusqu’à 900.000, soit le quart de la population », prévient l’ONU, à cause notamment d’une chute de moitié de la production céréalière.

Par ailleurs, au Texas (États-Unis), les pertes agricoles atteignent des records : selon Agrilife, elles s’élèvent à 7,6 milliards de dollars (dont 2,2 milliards pour la seule filière coton), soit deux fois plus que celles enregistrées en 2006 pendant la pire période de sécheresse.


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