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Le 17 avril est la journée mondiale des luttes paysannes

Durée de lecture : 3 minutes

17 avril 2012 / par villalard


Le 17 avril est la journée internationale des luttes paysannes, commémorant le massacre de 19 paysans qui se battaient pour la terre et la justice au Brésil en 1996. Chaque année à cette date, des actions ont lieu dans le monde entier pour les droits des paysannes et paysans. Ce 17 avril 2012, ce sera l’occasion pour les mouvements sociaux français de créer un Collectif citoyen français contre les accaparements de terres.

Aujourd’hui, de nombreuses communautés paysannes à travers la planète luttent contre l’accaparement de leurs terres. Ces dix dernières années, au moins 203 millions d’hectares de terres, près de 4 fois la taille de la France métropolitaine, auraient fait l’objet d’accaparements à travers la planète [1]. Des actions seront organisées contre ce phénomène dans toute la France à l’appel de la Via Campesina et de la Confédération Paysanne. Pour Christian Roqueirol de la Confédération Paysanne, « l’accaparement et l’artificialisation des terres sont des problèmes auxquels les paysannes et paysans qui défendent leur souveraineté alimentaire font face dans tous les pays. Nous organisons donc des mobilisations populaires à travers la France pour faire connaitre leurs luttes en faveur d’une agriculture au service de l’humain et de l’environnement ».

Pour faire face à cette ruée vers les terres, plus de 900 organisations à travers la planète ont signé l’Appel de Dakar contre les accaparements de terres [2]. Les organisations françaises signataires de cet appel s’unissent donc dans un Collectif citoyen français contre les accaparements de terres. Comme l’explique Antoine Bouhey de Peuples Solidaires « face à l’ampleur du phénomène, nous devons faire front pour soutenir les luttes des paysannes et paysans contre les accaparements de terres et dénoncer les violations de droits auxquelles participent les entreprises qui accaparent les terres ».

Les organisations membres du Collectif soutiennent un meilleur encadrement juridique de l’activité des entreprises et un renforcement des droits fonciers des communautés. Une première étape doit être l’adoption en mai et la mise en œuvre des "Directives Volontaires sur la gouvernance responsable des régimes fonciers des terres, pêches et forêts", dont le texte final a été négocié en mars à Rome dans le cadre du Comité sur la sécurité alimentaire mondiale (CSA).

Pour Clara Jamart d’Oxfam France, « les Etats ont la responsabilité d’empêcher les accaparements de terres : c’est ce que rappellent ces directives, qu’ils doivent intégrer dans leurs législations pour faire réellement respecter les droits des usagers des terres. Ils ne le feront que sous la pression des mouvements sociaux qui se mobilisent dès le 17 avril pour les pousser à intégrer ces directives au plus vite ! »

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Organisations signataires : AGTER, les Amis de la Terre, CCFD-Terre solidaire, la Confédération Paysanne, Fédération Artisans du Monde, Oxfam France, Peuples Solidaires/ActionAid France, Secours Catholique, Sherpa, SOLIDARITE, Survie, Terre des Hommes France.

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Notes :

[1] Les droits fonciers et la ruée sur les terres, IIED, CIRAD, ILC, décembre 2011. Ce rapport recense plus de 2000 cas de transactions à grande échelle entre 2000 et 2010 sur 203 millions d’hectares de terres, parmi lesquelles 1155 transactions portant sur 71 millions d’hectares ont fait l’objet de vérifications croisées.

[2] L’Appel de Dakar contre les accaparements de terres a été adopté lors du Forum Social en février 2011 et signé depuis par plus de 900 organisations



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Source : DDmagazine

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