Le Japon investit fortement dans les énergies renouvelables

Durée de lecture : 3 minutes

31 juillet 2012 / Louise Bellecombe


Dans l’archipel, il y aurait en construction ou en projet plus de 100 parcs photovoltaïques d’une puissance unitaire de plus d’1 mégawatt, d’après les données recueillies par le groupe d’information économique Nikkei et rapportées sur le site du magazine d’information sur les énergies, Enerzine.

Par ailleurs, depuis le début du mois de juillet, les compagnies d’électricité japonaises sont désormais tenues d’acheter toute l’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelable (éolien, solaire, biomasse, géothermie) à des prix plus élevés et déterminés par l’Etat afin de faire entrer de nombreuses entreprises sur le marché nippon de la production d’électricité ’renouvelable’.

D’après ses partisans, ce soutien apporté aux producteurs d’énergies renouvelables leur permettra de se développer, d’innover pour réduire leur coût de production et in fine d’augmenter significativement leur part dans le bouquet énergétique de la troisième puissance économique mondiale. « Cette loi doit servir d’accélérateur pour les énergies renouvelables », souligne le ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie (Meti), Yukio Edano sur le site du 20minutes.

« Si nous continuons de construire des panneaux solaires et d’investir, cette énergie sera d’ici 20 ans non seulement la source la plus sûre de production d’électricité, mais aussi la moins chère », estime le PDG du groupe de télécommunication mobile, l’antinucléaire Masayoshi Son.

Tentative de relance du nucléaire ?

Seize mois après l’accident nucléaire de Fukushima, l’archipel ne peut plus compter sur l’énergie atomique, qui assurait auparavant près de 30% de la production d’électricité nationale. Les plans prévoyant l’augmentation de cette part à 53% d’ici à 2030 ont été rangés au placard. Néanmoins, le Japon semble vouloir renouer avec le nucléaire, malgré l’opposition des citoyens traumatisés. Le réacteur 3 de la centrale d’Ohi à l’Ouest du Japon a été relancé, marquant le premier redémarrage réel depuis le désastre atomique de Fukushima et peut-être la fin d’une brève période sans énergie nucléaire.

Le rapport de la commission d’enquête indépendante remis au premier ministre japonais insiste sur les collusions entre le gouvernement, les régulateurs et la société exploitante Tepco.

Le Figaro rapporte les propos du Président de la commission indépendante d’enquête mandatée par le Parlement japonais : « L’accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daichii ne peut pas être considéré comme une catastrophe naturelle. Il s’agit d’un désastre dont l’origine humaine est profonde et qui aurait pu et dû être prévu et anticipé ».

Pointant le doigt sur la faille réelle des institutions qui ont été incapables de mettre en place une sécurité élémentaire ou de prévoir les dommages collatéraux, le Japon semble avoir perdu toute crédibilité dans sa capacité à gérer une énergie aussi dangereuse.

Si la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique japonais reste encore relativement faible (moins de 2%, hors production hydraulique), la récente hausse du marché des énergies renouvelables reste un espoir certain pour le Japon.



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Source : Aujourd’hui le Japon

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