Le Parti de Gauche en faveur d’un moratoire sur le gaz de schiste

Durée de lecture : 2 minutes

10 janvier 2011 / Corine Morel-Darleux


Le gouvernement de Sarkozy vient d’offrir en pâture 1% du territoire français aux appétits des gaziers et pétroliers.

En accordant des permis de recherche exclusifs, à des fins d’exploitation de gaz non conventionnel, dits « gaz de schiste », l’État a livré aux multinationales Total, EGL (European Gas Limited), Hess/Toreador, Schuepbach Energy et GDF Suez, des hectares entiers de terres dans le Bassin Parisien, en Rhône Alpes, PACA, Nord Pas de Calais, Lorraine et Franche Comté.

Sans aucun débat public. Les conséquences peuvent pourtant s’avérer lourdes, et la France pourrait bientôt ressembler à du gruyère.

A du gruyère sec... Car la technique utilisée, la fracturation hydraulique, qui utilise près de 600 produits chimiques envoyés jusqu’à - 3000 mètres, est non seulement polluante et dangereuse pour l’écosystème, mais en plus très grosse consommatrice d’eau. Chaque puits peut être fracturé entre 15 et 20 fois, chaque fracturation consommant entre 7 et 28 millions de litres d’eau, dont seule la moitié est récupérée.

Où sera pompée toute cette eau ? Une fois de plus, on est bien loin du Grenelle qui devait par son article 27 préserver les ressources en eau !

Et comment seront acheminés les volumes de gaz ainsi extraits vers les usines de retraitement ? Où est la réduction des émissions de gaz à effet de serre promise par le même Grenelle ?

Alors qu’en Equateur, le projet Yasuni ITT permet de laisser le pétrole sous terre, en France on fore et on perfore, encore et encore.

Le Parti de Gauche demande un moratoire sur le gaz de schiste et exige qu’un débat public ait lieu avant toute exploration du sous-sol français.

D’autres solutions existent pour planifier la transition énergétique. Un gouvernement du Front de gauche engagera des mesures volontaristes en la matière, par la création d’un service public de l’énergie, le transfert du tout routier vers le rail et le fluvial, un vaste programme de rénovation thermique et un scénario ambitieux de sortie du nucléaire et des énergies fossiles basé sur la sobriété, l’efficacité énergétique et les renouvelables.



Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Source : http://partidegauchegard-30.midiblo...

Lire aussi : L’opposition au gaz de schiste s’étend

10 octobre 2019
Lubrizol : la vie suspendue des agriculteurs
Reportage
10 octobre 2019
Apaiser les tensions, discuter avec la police, gérer la communication... Le blocage selon Extinction Rebellion
Reportage
10 octobre 2019
[En direct] Extinction Rebellion a bloqué la place de l’Étoile
Reportage