Le béton menace la plaine de l’Hérault

Durée de lecture : 20 minutes

29 juillet 2010 / Gilles Sainati



A Clermont L’Hérault, un projet de plate forme logistique de Système U menace d’ouvrir la plaine à l’urbanisation. Le Collectif de la Salamane promeut une autre voie.


La commune de Clermont a mis en en oeuvre une révision de son PLU (Plan local d’urbanisme) ; l’enquête publique doit se terminer le 30 juillet 2010, elle aura duré un mois depuis le 1 juillet, pendant l’été en période de vacances.

Cela fait bientôt un an et demi qu’un regroupement de citoyennes et citoyens veulent fait vivre ce débat autour de l’installation d’une plate-forme logistique sur la plaine agricole irriguée de la Salamane.

Je suis clairement opposé à ce projet .

La Salamane

Selon une étude universitaire de Mme Marie Hélène HUMPHRIES dont le titre est "la dérivation toponymique dans l’Hérault" en date de mai 1986 de l’Université British Colombia (Canada), le nom de Salamane viendrait d’un nom de famille rattaché au nom de Salomon. On retrouve l’appellation Salamane comme étant le nom d’une plage à Mostaganem, en Algérie. De là qu’un pas que certains franchissent pour dire que cette terre avait été réservée à une peuplade, ou une famille descendant de la tribu de Salomon.

De toute évidence cette plaine est à proximité du fleuve qui donne son nom au département l’Hérault et est un très ancien foyer de peuplement, comme en témoigne l’étude approfondie menée par Virginie ROPIOT en 2007 pour le titre de docteur en Archéologie "Peuplement et circulation dans les basins fluviaux du Languedoc occidental du IX eme siècle au début du II ème siècle avant notre ère."

L’histoire humaine s’est donc déroulée sur plus de vingt siècles sur cette plaine.

Le nom de Salomon, Salamane, est finalement un symbole sémantique fort , comme dans la tradition biblique qui rappelle le passage du jugement de Salomon : Le Premier livre des Rois (3, 16-28) raconte ainsi le différend qui opposa deux femmes ayant chacune mis au monde un enfant, mais dont l’un était mort étouffé. Elles se disputèrent alors l’enfant survivant. Pour régler le désaccord, Salomon réclama une épée et ordonna : « Partagez l’enfant vivant en deux et donnez une des moitiés à la première et l’autre moitié à la seconde ». L’une des femmes déclara qu’elle préférait renoncer à l’enfant plutôt que de le voir sacrifié. En elle, Salomon reconnut la vraie mère, et il lui fit remettre le nourrisson. Alors « tout Israël apprit le jugement qu’avait rendu le roi, et ils vénérèrent le roi car ils virent qu’il y avait en lui une sagesse divine pour rendre la justice ». Ce célèbre épisode de la vie du Roi Salomon a donné lieu à l’expression « jugement de Salomon ». Il peut signifier soit que face à l’impossibilité d’établir la vérité dans un litige, on partage les torts entre deux parties, soit qu’on met ces mêmes parties devant une situation qui oblige l’une d’elles au moins à changer sa stratégie. Ce cas fait partie de ceux étudiés en théorie des jeux à somme non-nulle au même titre que la crise des missiles à Cuba, avec laquelle elle a des affinités (mettre l’une des parties dans une position intenable, et forcer l’issue vers un arrangement gagnant-gagnant).

Nous ne sommes pas à Cuba, mais le projet de ZAC de la communauté de communes et la modification du PLU dévoile un projet pour le territoire et oblige chacun a se positionner. Ce projet est simple a constater, il s’agit de mettre entre Clermont l’Hérault, Brignac et Canet une zone commerciale et d’habitations continue afin de créer une agglomération sur la totalité de la plaine du coeur d’Hérault. Ce choix de développement, on en retrouve les indicateurs dans la spéculation foncière organisée par la commune de Clermont et par une seule préoccupation : orienter l’économie de cette région vers les services.

Le choix politique d’une économie de services à énergie fossile au détriment des terres agricoles

Reprenant une antienne de la politique régionale, le maire et son Conseil municipal ne pensent qu’à une seule chose : développer une économie de services. Pourtant ce territoire à une vocation agricole, en témoigne l’activité viticole, maraîchère, oléicole.

Pourtant dans l’Hérault, la valeur de la production agricole était en 2005 de 530 millions d’euros dont selon le Groupe de travail Urbanisme agriculture (regroupant collectivité locales, services de l’Etat, Chambre d’agriculture), et comme le note cette étude, "depuis trente ans, on constate une grande consommation d’espaces agricoles dans les zones littorales et périurbaines. La consommation d’espaces pour l’urbanisation prend aujourd’hui des proportions alarmantes. le foncier agricole dans l’Hérault, un capital à ne pas gaspiller".

Chaque année en France c’est près de 60 000 ha qui disparaissent, soit un département français moyen qui disparaît tous les dix ans sous le bitume et le béton.

Dans l’Hérault, en 2003, cette artificialisation des sols représente 10 % de la surface du département (la Seine-et-Marne présente un chiffre étonnamment proche de 13% ) !!!! Ce taux d’artificialisation a augmenté de 29 % sur dix ans

Ces chiffres sont incontournables, le choix de la plaine de la Salamane, agricole, viticole, irriguée (ne subissant sur le lieu du projet d’aucun arrachage et composée aussi de plantations de vignes jeunes) pour construire une ZAC et ensuite d’autres encore, est simplement à l’opposé de toute politique d’aménagement et foncière raisonnable.

Le principal objet de cette ZAC est d’installer une plate forme logistique Système U de 60 000 m2 sur une zone de 70 hectares. La Lettre numero 14 de la commune le confirme : "installer des entreprises du tertiaire" et la principale système U .

Quand les intérêts de la grande distribution effacent l’intérêt collectif

Pour ce faire la Communauté de Commune a signé avec Systeme U le 25 septembre 2009 un protocole d’accord qui non seulement fait apparaître des échéances précises de déroulement du processus au bout duquel Système U pourra utiliser la nouvelle ZAC de la Salamane pour y installer son hangar, installation classée, mais favorise au détriment de tous les autres acteurs économiques du territoire une société de la grande distribution. En témoigne les clauses totalement léonines de ce contrat en faveur de cette société :

- vente à prix ferme de 21 euros HT, le terrain est aménagé (y compris bassins de rétention) aux frais du contribuable ;

- exonération de TOEM et de taxe Locale d’Equipement (ce qui est surprenant car les réseaux et travaux de voiries sont pris en charge par la collectivité) ;

- gel de toute imposition de taxe foncière et taxe d’habitation jusqu’en 2014, à défaut la communauté devra payer des pénalités ;

- clause de non concurrence sur la zone en faveur de système U, à perpétuité....

- promesse de porte fort de la communauté de communes pour obtenir des prix des agences immobilières et des notaires pour installer les cadre de Système U. La collectivité devient le comité d’entreprise de Système U.

Des citoyens ont fait un recours contre ce protocole devant le tribunal administratif de Montpellier. Seul pour le moment Systeme U a conclu, se substituant complètement à la communauté de communes dans ses intérêts.

Ainsi ce n’est pas la nature du projet, ni son impact sur l’environnement et le développement durable de la commune que M. le Maire prend en compte, mais plutôt les impératifs qui lui sont dictés par le principal acquéreur de la ZAC : Système U

Le choix de la perpétuation des énergies fossiles

En aparté, les cadres dirigeants de Système U en conviennent eux aussi, avec la crise énergétique de pétrole qui guette, il aurait mieux valu installer cette plate forme proche d’une voie de chemin de fer, voire du canal du Midi, ou d’un port... Mais, en fait l’offre de Clermont L’Hérault est tellement attractive et puis la SNCF lambine trop sur le fret ferroviaire...

L’association des professionnels du transport et de la logistique LR le dit clairement dans sa contribution au Grenelle de l’environnement, il s’agit de classer comme objectif stratégique "la promotion et l’utilisation des modes fluvial, ferroviaire et le cabotage maritime au rang d’intérêt général et de mettre en place un " Plan de développement du fret ferroviaire à l’horizon 2025".

Pourquoi soudain cet intérêt pour les énergie fossiles ? Parce qu’elles contribuent au réchauffement climatique, mais aussi parce qu’elles se raréfient, le pic de production devrait intervenir dans les dix prochaines années au maximum, rendant l’énergie du pétrole de plus en plus chère

L’étude du Service d’Etudes Techniques et des Routes et des Autoroutes ne dit rien d’autres dans son rapport de juin 2008 et donne des chiffres exacts de l’activité poids lourds dans le sud de la France : "En moyenne, [les plate formes] génèrent en entrée 37 poids-lourds par semaine pour 1000 m² de bâti (en variant de 9 à 111), et en sortie 34 poids-lourds par semaine pour 1000 m² de bâti."

A la Salamane nous sommes à 60 000 m2 de bâti soit 2220 entrées de poids lourds par semaine et 2040 sorties des poids lourds par semaine...

Plate forme multi-modales embranchés fer, économies d’énergie, reconversion des bâtiments, dégagement du CO 2,... tout cela passe au dessus de la tête des dirigeants de Système U et des politiques de la communauté de communes

Bien la peine que Serge Papin ait écrit avec un livre avec un célèbre écologiste, sur l’écologie et l’entreprise.....

Toutefois lors de la réunion des personnes associés lors de la révision du PLU, l’Architecte des Bâtiments des France, la Chambre d’Agriculture et le service de l’agriculture de l’Etat ont donné un avis négatif au projet...

Cette situation décrite, il semble bien que l’infrastructure routière qui borde la future ZAC ne soit pas du tout adaptée compte tenu du trafic généré. Le seul échangeur pour accéder à Clermont l’Hérault sera saturé par les poids lourds d’autant plus qu’il n’est pas adapté à une insertion rapide dans le trafic routier, imposant de longs détours vers une autre ZAC et l’entrée de la ville.

Qui paiera la modification de cette infrastructure qui deviendra ensuite disproportionnée ?

L’esprit des lieux

En fait, la Salamane est une zone agricole et doit le rester. Mais nos élus locaux souhaitent faire autrement.

Ils se sont déjà lancés dans une série d’achat de terrain signant avec les propriétaires des terrains concernés des promesses d’achat sous condition suspensive de réalisation de la ZAC ou de modification du PLU...

Les prix annoncés par ces actes avoisinent les 10 euros le mètre 2.

Or ce territoire est clairement une zone viticole classé tel que au Journal Officiel de la République Française au prix de 1 euro le mètre carré (au maximum 1,50 euros le m2).

Personne ne peut ignorer cette situation , c’est le prix évalué judiciairement lors de dissolution d’indivisions successorales ou matrimoniales.

En plaçant délibérément le prix à 10 euros le M2, la commune de Clermont l’Hérault met en place une spéculation foncière digne de l’économie casino... (10 hectares égalent 1 million d’euros...)

Toute la plaine devient dès lors impraticable pour des mutations de propriété et pour un renouvellement des exploitations agricoles ou même de la diversification vers d’autres cultures que la vigne.

L’argument est de venir en aide à des viticulteurs en difficulté, ou d’autres qui veulent se mettre à la retraite. Il doit certainement y en avoir, mais si l’on sauve quelques personnes on supprime la viticulture et l’agriculture sur toute la plaine, définitivement.

Place aux investisseurs et promoteurs immobiliers en tout genre. Cet aspect de spéculation foncière est certainement le plus sombre et le plus ambigu de cette opération. Il s’y lit une politique délibérée d’extension des surfaces bâties pour ou à cause de la promotion d’intérêts très locaux et restreints.

L’intérêt général n’a jamais été la somme des intérêts particuliers en République.

Pourtant l’emploi agricole est le seul porteur d’avenir dans cette partie du territoire, la conversion en maraîchage de circuits courts serait de nature à créer des emplois et des revenus pour environ une famille par hectare. Il suffirait d’investir dans cette filière (l’argent du projet), de dédommager correctement les propriétaires viticoles qui veulent partir et d’installer sur des baux emphytéotiques les candidats à l’installation....

Mais les politiques locaux n’y croient pas, l’enseigne de la grande distribution brille de mille feux, alors que l’on sait que c’est la plus grande prédatrice d’emplois locaux et des commerces artisanaux...

L’emploi créé sera forcement délocalisé, c’est-à-dire qu’il viendra de Vendargues ou de Miramas, il ne concernera pas exclusivement le bassin d’emploi de Clermont, puisque cette base logistique sera à 20 minutes de grands centres urbains comme Béziers.

Ce sera un emploi précaire, car dans la logistique, l’emploi est la variable d’ajustement. Au gré de la demande, du flux de marchandises, et du coût du pétrole.

Bref pas de quoi pavoiser, mais justement il faudra faire un bilan coût/avantage entre les sommes publiques investies dans ce projet et la création net d’emploi.. On risque d’être loin du compte

Cette ZAC sera le premier panorama des touristes qui rentreront dans Clermont l’Hérault et se dirigeront vers le lac du Salagou... elle aura un impact dépréciatif énorme : ce n’est plus du tourisme de qualité de l’on recherche.

Autant que cela soit dit : Le projet du territoire est la création d’un village des marques, d’un pôle logistique, d’un agglomérat de zones de parking et d’hôtels à bas coût, à l’image de ceux que l’on retrouve à la Jonquère près de la frontière en Espagne.

Certes la plus value aura été prise, par l’actuelle génération, quid des générations futures, sans compter l’endettement de la collectivité....

L’esprit du temps

En dehors de l’emploi, il y a aucun autre argument. Les élus d’ailleurs ne veulent pas débattre de quoi que ce soit. Il faut en prendre acte, en tout cas cela à le mérite de la clarté.

L’esprit du temps est à la relance économique comme le décrète le gouvernement et le pointe du doigt le Président du Conseil Régional.

Il ne s’agit pas de chercher d’autres modes de développement, l’on assiste avec le projet de la Salamane à la victoire :

- des climato-sceptiques. le Grenelle est loin, et l’équipe municipale ne veut pas s’encombrer de ces regards écologistes. L’écologie est d’ailleurs un gros mot associé , sans doute à l’homme des cavernes, ou aux gauchistes chevelus... Du reste ces gens qui s’opposent ont un "accent pointu", ils "ne sont pas de chez nous". La République a définitivement sombré dans cet imaginaire collectif commercial.

Pourtant l’histoire nous apprend que les migrations de populations sont le lot d’un territoire comme l’Hérault et que l’appartenance à lieu est plus complexe que les apparences.

Quant à la science, le GIEC base ses observations sur l’avancement le plus abouti de diverses disciplines scientifiques....

- du management à la petite semaine. Le maire se prend pour un manager et croit avoir arraché un accord exceptionnel avec une grande enseigne, nous savons ce qu’il est est... Il impose une feuille de route à tous ses élus et discrédite ses électeurs. C’est une manière de faire de la politique, mélangeant allègrement lors d’une cérémonie du 13 juillet la devise de la République avec le favoritisme économique, la liberté avec la surveillance etc. En traitant systématiquement certains de ces administrés de "groupuscule", il fait référence implicite à une notion guerrière et transforme la démocratie locale en deux camps qui devraient s’affronter. Il sera dès lors responsable des violences qui pourraient apparaître, car il place au sens littéral les citoyens qui ne sont pas d’accord avec lui "en dehors du ban", comme au Moyen Age, en en faisant des parias à qui l’on ne cause plus (ce qui est le cas), dont "on a les noms", qui "disent n’importe quoi" sans que l’on discute argument à l’appui.

Cette tendance s’inscrit dans un clientélisme qui s’affranchit de tout sens politique, et oublie le contexte de plus en plus prégnant de la mondialisation hyper capitaliste.

- l’emploi à la petite semaine

En fait sont habilement mélangées la création d’emplois et l’augmentation de l’activité économique due à la création d’un nouveau chantier. Système U annonce 40 millions d’euros d’investissement. Ce n’est pas rien. Seront ils réservés aux seules entreprises du Clermontais ? Il doit bien y avoir des promesses de l’entreprise à ce sujet, mais les promesses n’engagent ceux qui y croient.

Cette activité sera t-elle créatrice d’emplois ? Sûrement quelques uns, mais ce ne sera pas plus, pas moins que tous les chantiers de construction dans la région, peu importe le lieu.....

L’emploi sera donc présent, précaire, 35 heures annualisés, cdd, emploi saisonnier. Au moins sachons rendre hommage à Système U qui ne dit rien d’autre dans sa contribution pour cette enquête.

Quant aux 100 emplois net promis, ils existeront, reste à savoir s’ils permettront une relance économique locale et de combattre la précarité qui se développe dans notre région. Il serait long de développer les causes de cette précarité : héliotropisme assumé par les collectivités, absence d’industries, crises viticoles répétées, fragilité du marché touristique, explosion du coût du foncier et des loyers, baisse corrélative des prestations sociales, surendettement des ménages, familles mono parentales etc. Aussi ce problème devient tout de suite plus complexe qu’un simple conversation de bistro...

Quelques chiffres simples pour le replacer dans une perpective : En 1968 un ouvrier gagnait 800 francs par mois, une baguette coûtait 0,45 et un litre d’essence un franc, un journal 0,35, etc.

Actuellement la génération d’ouvriers touche 1000 euros (et encore souvent plutôt 800 euros), une baguette coûte 1 euro, l’essence 1,35, un journal 0,80, etc. Un salarié pouvait acheter 1777 baguettes contre 1000 aujourd’hui, etc.

Pour accéder à la consommation telle que vantée par la grande distribution, il faut deux salaires pour vivre actuellement.....

La précarité est là, dans abaissement total du pouvoir d’achat et du travail, la création d’une ZAC à la Salamane n’y changera rien.....

En conclusion,

Le lancement de cette révision simplifiée ne correspond pas à l’impact et l’ampleur du projet

Une révision simplifiée n’est possible que dans trois cas (article L123-13 du code de l’urbanisme) :

• la réalisation d’une construction ou d’une opération publique ou privée présentant un intérêt général pour la commune ou toute autre collectivité,

• pour la rectification d’une erreur matérielle,

• pour l’extension des zones constructibles ne portant pas atteinte à l’économie générale du PADD et ne comportant pas de graves risques de nuisance.

La création de la ZAC ne présente pas un intérêt général , bien au contraire, le caractère exorbitant des facilités et avantages accordés à Système U perverti cette procédure. La plate forme est la seule opération immédiatement revendiquée par la communauté de communes sur cette ZAC, et la commune pour réviser le PLU.

Ainsi la révision simplifiée mise en oeuvre par la commune de Clermont l’Hérault consiste bien en l’extension des zones constructibles. C’est un continuum de ZAC (ZAC des tannes basses, ZAC des Tannes hautes) qui constituera l’entrée du bourg de Clermont l’Hérault, en modifiant immédiatement la perception et la nature.

Cette révision porte ainsi atteinte au PADD dont la commune s’était doté le 2 octobre 2008, celui ci a été révisé en catimini par un PADD de mars 2010 sans débats sur la base d’une séance du Conseil Municipal du 14 décembre 2009.

Il conviendra de s’interroger de cette étrangeté, alors qu’une consultation publique était en cours à la communauté de commune.

La ZAC de la Salamane se trouve à l’entrée de la ville et prolonge d’autres ZAC, elle banalise totalement les abords de Clermont l’Hérault avec la prime donnée à une urbanisation commerciale de piètre esthétique et la multiplication de réseaux de voiries à destination de poids lourds.

La ZAC de la SALAMANE aboutira, à terme, à la création d’une immense zone commerciale et à lotir au lieu et place de l’actuelle plaine agricole.

Cette révision simplifié portant la création de la ZAC de la Salamane porte atteinte à l’économie générale du territoire et rend nécessaire et urgente la mise en place d’une révision générale du PLU. Elle s’oppose totalement avec le projet urbain exprimé dans le PADD de 2008 et dont le traces ont été soigneusement gommées dans le PADD de mars 2010

Lors de la réunion des personnes associés aussi bien le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine et la Direction Départementale des Territoires et de la Mer ont émis un avis défavorables à cette révision simplifiée. En effet la destruction irréversible d’hectares de terres agricoles irriguées, la construction d’une plate forme logistique entraînant un urbanisme de hangars dévalorisant tous les points de vues des collines environnantes imposent un débat plus approfondi et plus large sur l’avenir paysager et urbain de la commune de Clermont l’Hérault.

A cette situation s’ajoute la spécificité du projet qui consiste principalement a implanter une plate forme logistique routière générant, par définition, un accroissement de trafic routier très polluant et nuisible et ne correspond pas, voire n’est pas pris en compte par le PADD aux chapitres "Assurer les contraintes et les atouts de l’A75" et "organiser la structure viaire de l’agglomération". Seule suite à l’ouverture de l’A75, le Département a réaménagé l’entrée de la ville par la RD2, entre la ZAC les Tannes-Basses et l’entrée de la ville, aménagement qui a bien été réalisé, mais pas du tout en direction de Canet. Les dessertes des abords de cette nouvelle ZAC de la Salamane va nécessairement conduire à un recalibrage de son accès par la RD 2 voire risque de nécessiter une nouvelle adaptation de l’échangeur routier avec l’autoroute qui est actuellement la seule entrée de la commune et de la ZAC commerciale des Tannes basses adjacente.

En conséquence en adoptant la voie de la révision simplifiée du PLU, la commune de Clermont L’Hérault a fait une analyse erronée des conséquences de la création de la ZAC de la salamane, portion de territoire agricole classé en zone NA

Enfin le caractère complexe de l’opération qui engage la commune envers une personne privée, en terme de délai et d’équilibre financier, rend plus que jamais urgente la révision générale du PLU pour analyser le coût induit de ce projet en termes, certes environnementaux mais aussi de développement durable, car la transformation de la commune de Clermont l’Hérault en noeud routier de transports de marchandises reconverti radicalement la plaine agricole du centre Hérault, notamment au lieu dit la Salamane

Il convient non seulement de dire non à ce projet mais de rediscuter d’un projet de territoire équilibré dans le cadre d’une révision générale du PLU et de l’adoption d’un SCOT ( entre autres).






Source : http://salamane.hautetfort.com

L’auteur : Gilles Sainati est citoyen de Clermont L’Hérault et porte-parole du Parti de Gauche 34.

Lire aussi : Un bétonnage délirant en projet dans l’Hérault http://www.reporterre.net/spip.php?...

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