Le collectif francilien de Notre Dame des Landes a mené sa première action

Durée de lecture : 2 minutes

25 octobre 2012 / Eva Deront (Reporterre)


-> Reportage, Paris

Il faut croire que le sujet dérange… Ce mercredi 24 octobre au matin, un groupe d’une quinzaine de personnes se dirigeait vers la Maison de la radio, en vue d’interpeller Jean-Marc Ayrault avant son intervention sur France Inter. Des pancartes et une banderole pour une manifestation non-violente en soutien aux opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

L’épine semble profondément logée dans le pied du premier ministre, à en juger par le comité d’accueil policier déployé pour l’occasion. On redoutait « une manifestation violente à plus de 50 participants  » selon les forces de l’ordre... Alors qu’elles sortaient du RER une pancarte à la main, trois premières personnes ont été interpellées pour un motif non déclaré. En tout, une petite dizaine de manifestants sera ensuite gardée par cinq fourgons de police, à l’abri des regards venant de Radio France, puis emmenée en grande pompe pour dépôt sur main courante. Les trois pancartes de ces militants non-violents, devaient être, on l’imagine, hautement subversives pour aller jusqu’à nécessiter une escorte de motards…

Un autre groupe s’est rendu entre-temps dans les locaux de France Culture et a interrompu l’émission « L’invité des matins » afin d’y lire le manifeste du « Collectif IDF de lutte contre le projet d’aéroport ».

Formé le 23 octobre par plus de 70 personnes de tous horizons, le Comité francilien de soutien à Notre Dame des Landes se réunira chaque mardi pour mettre en place des actions à court et moyen terme, visant à soutenir les occupants des terres de Notre Dame des Landes et à créer une dynamique d’opposition francilienne.

Un but : faire sortir Vinci et les décideurs politiques de leur mutisme actuel. Et ce ne sont pas les raisons qui manquent : engagement contre les Grands Projets Inutiles Imposés, préservation de la biodiversité, intérêt social des alternatives de vie développées sur place, la discussion allait bon train.

Pendant ce temps sur France Inter, Jean-Marc Ayrault réaffirmait son profond engagement pour « l’emploi des jeunes » et « le dialogue social », ainsi que son attachement à un projet mobilisant, somme toute, « très peu d’argent public ». Un Premier ministre de plus en plus évasif, face à une mobilisation crescendo.



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Source : Eva Deront pour Reporterre

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