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Le gouvernement veut financer une centrale dans une zone sismique en Inde

Durée de lecture : 3 minutes

12 juillet 2011 / Les Amis de la Terre

Le gouvernement français s’apprête à accorder une garantie de la Coface à Areva pour la construction de réacteurs en Inde. Ceux-ci, situés sur une faille sismique, suscitent une vive opposition locale.


Dans une lettre au Président Sarkozy, une centaine d’associations du monde entier demandent officiellement aujourd’hui à la France de ne pas financer le projet de centrale nucléaire en Inde à Jaitapur. Cette future installation atomique présente des risques majeurs pour la population indienne et mondiale.

« Alors que la catastrophe nucléaire de Fukushima est toujours en cours, l’État français apporte son soutien financier à la construction d’une centrale nucléaire sur une faille sismique dans une région peuplée d’Inde, explique Sophia Majnoni, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace. Le gouvernement s’entête dans son choix archaïque du nucléaire à tout prix, quitte à faire prendre de gros risques aux populations. Cette attitude rétrograde doit cesser. La France doit non seulement changer son propre modèle énergétique pour sortir du nucléaire et entrer dans l’ère moderne des économies d’énergies et des renouvelables, mais elle doit aussi permettre aux puissances émergentes de se développer sereinement en leur apportant son aide pour développer des énergies propres qui ne datent pas des années 1950. »

Jaitapur, un projet fou...

Areva souhaite bâtir en Inde deux réacteurs nucléaires EPR dans une région et un pays qui ne satisfont pas du tout les conditions de sécurité de ce type d’installation. Non seulement Jaitapur est située dans une zone où le risque sismique est élevé, mais l’autorité de sûreté nucléaire indienne n’est pas indépendante à ce jour, et de nombreuses failles de sécurité ont été relevées ces dernières années en Inde sur les centrales actuelles. Ce pays est aussi l’un des rares au monde à avoir refusé de signer le Traité de non-prolifération nucléaire.

Par ailleurs, la population locale est fortement mobilisée contre ce projet, et la répression contre les manifestations ne cesse de se durcir, allant jusqu’à la mort d’un opposant en avril 2011.

« Avant même d’avoir commencé, ce projet a déjà conduit à de graves atteintes aux Droits humains, ajoute Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre. Il a violé les réglementations indiennes et internationales en niant l’accès de la société civile à l’Étude d’impact environnemental et en procédant à des acquisitions forcées de terrains, sans même consulter les populations affectées. Le gouvernement français se retrouve face à un choix crucial : continuer à promouvoir ses exportations nucléaires coûte que coûte, ou privilégier la sécurité des populations, et éviter de lourds impacts sociaux et environnementaux en renonçant à soutenir ce projet nucléaire dangereux ».

... soutenu par des fonds publics français

Le nucléaire français s’exportant difficilement, la France a pris l’habitude depuis quelques années de délivrer systématiquement, à travers la Coface, organisme délivrant les garanties publiques françaises, une assurance publique sur les projets de construction d’EPR à l’étranger (Olkiluoto, Taishan et maintenant Jaitapur). C’est pourquoi une lettre vient d’être envoyée au président français Nicolas Sarkozy, demandant à ce que la France ne finance pas ce projet. Originaires de près de trente pays différents répartis sur les cinq continents, une centaine d’organisations de la société civile, dont Les Amis de la Terre France et Greenpeace France, se sont unies pour écrire cette lettre.




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Source : http://www.amisdelaterre.org/La-Fra...

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