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Tribune

Le manifeste de Bridget Kyoto

A la télé, on m’a répondu : « L’écologie, on n’en veut pas, c’est trop an-xio-gène. Les annonceurs veulent du po-si-tif. Quant au public, il veut du fun. Alors laissez-le consommer tranquille, il a déjà bien assez de problèmes comme ça. La réalité écologique, les espèces, la pollution, le réchauffement, tous vos trucs, là, ça l’ennuie. Ça l’indispose, même ».


A travers mon métier de journaliste environnement à Libération, je réfléchis depuis longtemps à une manière efficace d’alerter le grand public sur la catastrophe écologique en cours.

J’écris des papiers depuis dix ans sur le sujet, j’ai collaboré à plusieurs émissions télévisées d’écologie et j’en ai proposé d’autres dans l’espoir saugrenu de toucher le plus grand nombre.

A la télé, on m’a répondu : « L’écologie, on n’en veut pas, c’est trop an-xio-gène. Les annonceurs veulent du po-si-tif. Quant au public, il veut du fun. Alors laissez-le consommer tranquille, il a déjà bien assez de problèmes comme ça. La réalité écologique, les espèces, la pollution, le réchauffement, tous vos trucs, là, ça l’ennuie. Ça l’indispose, même ».

Alors, un jour, je me suis dit que, puisque le journalisme ne suffisait pas, je passerai par la dérision. J’ai inventé Bridget Kyoto et tourné ses premières vidéos.

Bridget est comme nous, désespérée par le crasse aveuglement de notre "civilisation" mais elle est trop sérieuse pour ne pas en rire. D’elle-même et du reste. Pour ne pas pleurer.

Bridget Kyoto n’a pas froid aux yeux

Elle cultive la vie, l’autodérision, l’absurde et se moque de tout, y compris de l’écologie et de ceux qui la font ; elle plaisante depuis le pont du Titanic qui s’incline. Il n’y a pas assez de canots de sauvetage pour tout le monde, de toute façon.

Mais surtout, Bridget a besoin de VOUS : Exposez-la sur vos pages, e-mailez-la, relayez-la sur Facebook, faites-la connaître, PARTAGEZ SES VIDEOS, critiquez-la, donnez-lui des frères, des sœurs, du bouche à oreille, du bouche à bouche, n’importe quoi, mais FAITES DU BRUIT, du bruit médiatique, du bruit tout court mais du bruit, pour qu’au moins, on entende un peu le chant de Bridget Kyoto, petite sirène d’alarme.


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