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Le noeud de la crise

Durée de lecture : 2 minutes

29 juin 2010 / Hervé Kempf


Entre le G20 qui s’est achevé à Toronto, dimanche 27 juin, dans une ambiance morose, et le plan de rigueur français qui doit être annoncé, mercredi 30 juin en conseil des ministres, les économistes font grise mine : oui, la crise est là, et elle va durer.

Rien de surprenant si l’on regarde l’horizon. Qu’est-il en train de se jouer durant ces premières décennies du XXIe siècle ? La convergence progressive des niveaux de vie à travers la planète. Du fait de l’unification de la culture mondiale, la logique d’une égalisation des niveaux de vie s’impose progressivement.

L’étonnante émergence de puissances comme la Chine, l’Inde ou le Brésil n’est pas autre chose que la manifestation de ce basculement historique.

Il s’agit de retrouver la situation précédant la révolution industrielle, quand un Chinois ou un Indien partageait peu ou prou les mêmes conditions d’existence qu’un Européen. Mais la contrainte écologique fait que cette convergence ne peut pas se faire par le haut : les dirigeants du G20, dont le communiqué est marqué de l’économisme le plus étroit, l’ont oublié, mais l’environnement frappe sans arrêt à la porte, comme le montrent par exemple en ce moment la marée noire du golfe du Mexique, les pluies diluviennes en Chine ou les inondations au Brésil.

La convergence ne pourra pas se faire au niveau dont jouissent les Occidentaux, parce que l’équilibre écologique, déjà mal-en-point, n’y résisterait pas. Elle va s’établir bien plus bas. Cela signifie qu’Américains et Européens doivent réduire leur consommation matérielle. S’appauvrir, pour parler clair.

C’est ce qu’ils commencent à faire, nolens volens, du fait de la crise économique, qui est née de leur oubli de l’environnement par une surconsommation qu’a entretenue un endettement démesuré. Comme le disait Angela Merkel à Paris dès janvier 2009, « les pays industrialisés doivent absolument comprendre que nous avons vécu au-dessus de nos moyens ».

C’est cela qui se joue en ce moment. Mais on ne saurait oublier une donnée vitale, toujours tue par les économistes médiatiques : l’inégalité immense qui règne aujourd’hui.

La réduction de la consommation matérielle ne peut être bénéfique que si elle se fait équitablement. Cela suppose une redistribution drastique de la richesse, la socialisation du système financier, et l’investissement dans les biens communs utiles socialement et peu dommageables écologiquement : l’éducation, la culture, la santé, l’agriculture, une autre énergie. Les maîtres au pouvoir font l’inverse. Et la crise continue.




Source : Cet article a été publié dans Le Monde du mercredi 30 juin 2010.

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