Le préfet interpellé sur le projet mangeur de terre à Pézenas

Durée de lecture : 2 minutes

11 mars 2013 / Catherine Grèze



A Pézenas (Hérault), un projet commercial dénommé « Les Jardins de Bonneterre » prévoit d’artificialiser de nouvelles terres agricoles. La députée européenne (EELV) Catherine Grèze se tourne vers le Préfet.‏


Pierre de Bousquet de Florian
Préfecture du Languedoc-Roussillon
34 Place Martyrs de la Résistance
34000 Montpellier

Bruxelles, le mardi 5 mars 2013

Monsieur le Préfet,

Députée européenne, élue de la circonscription du Sud-Ouest, j’ai été avertie lors d’une récente visite des menaces posées à Pézenas par l’imposant projet commercial des Jardins de Bonneterre : en matière d’imperméabilisation des sols mais aussi de tissu économique et social local.

J’ai aussi été informée des déclarations du maire de la ville, Monsieur Alain Vogel-Singer, qui a publiquement affirmé qu’il envisageait la mise en oeuvre d’une procédure d’expropriation visant à permettre la réalisation du projet.

Comme vous-même, au travers de l’action menée par la Direction départementale des territoires et de la mer de l’Hérault, je m’inquiète vivement de la disparition des terres agricoles, dont la consommation, en France, s’accélère depuis 2006. La Commission européenne, que j’ai alertée, rappelle elle aussi sa volonté de lutter contre la dégradation des sols.

La lutte contre leur artificialisation est désormais pour elle une priorité puisqu’elle a publié le 12 avril 2012 de nouvelles lignes directrices pour limiter ce phénomène. Parmi les mesures préconisées, figurent la recherche d’un meilleur aménagement du territoire ou encore le réexamen des « subventions négatives ».

C’est donc au regard de ce contexte que devra être évaluée l’opportunité d’une éventuelle demande de déclaration d’utilité publique pour la réalisation du projet des Jardins de Bonneterre. Discutable à bien des égards, ne serait-ce que par la différence de rythme, dans l’Ouest-Hérault comme ailleurs, entre la création de surfaces commerciales et l’augmentation de la population, celui-ci ne saurait justifier qu’on expulse et qu’on détruise des terres parmi les plus fertiles du Languedoc-Roussillon.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations distinguées.

Catherine Grèze
Députée européenne du Sud-Ouest






Source : Catherine Grèze

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