Le projet de barrage sur le Mékong est reporté

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8 décembre 2011 / WWF



Les pays riverains du Mékong ont jugé nécessaire de mener des études supplémentaires sur les conséquences de la construction du barrage Xayaburi.


Siem Reap (Cambodge) - La réunion au niveau ministériel de la Commission du Mékong (MRC) a accepté de reporter la décision sur la construction du barrage Xayaburi, dans le nord du Laos, dans l’attente de nouvelles études sur les impacts de ce projet très controversé.

Alors qu’ils s’étaient réunis au sein du Comité mixte de la Commission du Fleuve Mékong (la MRC)[1] pour adopter une décision définitive sur le projet Xayaburi, les Ministres du Cambodge, du Laos, de la Thaïlande et du Vietnam ont finalement choisis par consensus de reporter à nouveau cette décision de manière à ce que des études d’impacts plus poussées puissent être menées. En avril dernier, le comité mixte de la MRC n’avait pas réussi à se mettre d’accord quant à la construction ou non du barrage Xayaburi. La décision avait donc été renvoyée devant les ministres.

« Les pays du cours inférieur du Mékong ont franchi une étape importante vers une gestion plus respectueuse de l’une des ressources les plus précieuses et les plus importantes de la région. Les pays doivent maintenant mettre à profit ce délai supplémentaire pour évaluer correctement et pleinement les impacts du projet de barrage, en se basant sur les meilleurs conseils scientifiques et en mettant en place des processus consultatifs », a déclaré le Dr Jian-Hua Meng, Spécialiste en hydroélectricité durable au WWF.

Ce projet de barrage est l’objet d’une vive contestation de la part des ONG et des populations locales en rapport aux probables impacts environnementaux sur la zone.

S’étirant sur 4800 km, le Mékong est le plus long fleuve d’Asie, son cours inférieur est l’un des derniers grands tronçons de rivière sauvage dans le monde, dont dépendent, près de 60 millions de personnes pour ses ressources en pêche et son delta, grenier à riz du Vietnam. Il abrite également plus de 700 espèces de poissons d’eau douce dont quatre des plus grandes espèces de poisson chat géant, espèce emblématique menacée.

Pour répondre aux besoins des Etats en matière de production électrique, le WWF recommande, aux pays du Mékong concernés par les projets hydroélectriques, de prioriser les barrages sur certains affluents du Mékong qui ont des impacts beaucoup plus faibles.

En ce qui concerne les barrages sur le cours inférieur du Mékong, il apparaît plus prudent d’établir un moratoire de 10 ans afin d’obtenir suffisamment d’informations pour évaluer avec le plus de précision possible les impacts sur les populations et les écosystèmes.

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Note :

[1] La MRC est une agence inter-gouvernementale composée de représentants des quatre pays du Mékong : Vietnam, Laos, Cambodge. Thaïlande.

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Source : WWF

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