Les écologistes perdent parce qu’ils ne sont pas catastrophistes

Durée de lecture : 1 minute

24 avril 2012 / Philippe Robichon


Pardon d’écrire une chose pareille ! Mais je crois que nous ne faisons pas assez peur (nous = les écologistes). Etonnamment, les gens ont peur du chômage, peur du lendemain, peur de la vieillesse et de l’abandon, peur de la violence, mais les centrales qui se déglinguent, les doses de radioactivité, les OGM, le massacre des terres agricoles, le réchauffement climatique, ça ne leur parle pas, cela ne les atteint pas, comme atteint la peur de perdre son emploi.

Est-ce pudeur, scrupules, qui nous interdisent de montrer les images de Tchernobyl et de Fukushima ?

Est-ce par délicatesse que nous n’évoquons jamais les rivières asséchées et la soif ?

Ne bénéficions-nous d’aucun film, d’aucun reportage, d’aucun témoignage à faire dresser les cheveux sur la tête ? Ne pouvons-nous, nous aussi, utiliser des statistiques terrifiantes ?

Ce soir, j’ai tout à coup le sentiment qu’aucune force ne fera sortir du sable le cou de millions d’autruches qui ne veulent pas voir..

Ce que peut la prévention contre les accidents automobiles, n’en sommes nous pas capables ?

Ne pouvons nous, nous aussi, dire à chacun " tout le monde est menacé, vous aussi ? vos enfants aussi ?

Notre message s’est dilué, affadi, dans notre désir d’être un parti comme les autres. Il faut se remettre à matraquer sur ce qui nous est propre : l’urgence écologique.




Source : Courriel à Reporterre

Photo : Le blog de la gestion des risques

Lire aussi : Times Square

13 juillet 2019
Protéger les insectes, c’est protéger notre futur
Tribune
15 juillet 2019
À Bali, bronca contre un gigantesque projet d’îles artificielles​
Reportage
8 juillet 2019
Un grand merci, ami(e)s lectrices et lecteurs ! Reporterre va bien
Édito




Du même auteur       Philippe Robichon