Les écrans publicitaires gaspilleurs d’énergie se multiplient dans le métro parisien

Durée de lecture : 3 minutes

17 juin 2011 / Collectif des Déboulonneurs de Paris

Les écrans publicitaires video se multiplient dans le métro parisien. Les sociétés publicitaires préparent leur généralisation à la surface. Chacun de ces écrans consomme autant d’électricité qu’une famille. Les Déboulonneurs et les Désobéissants préparent une action de protestation.


Malgré la protestation constante des associations et des collectifs citoyens depuis la pose des quatre premiers écrans publicitaires espions en novembre 2008, leur expansion ne faiblit pas. Il semble que les 400 prévus à l’origine soient largement dépassés, nous avons pu en dénombrer plus d’une quarantaine rien que pour certaines gares parisiennes qui sont devenues de véritables galeries pour la publicité. Le transport de personnes ne semble plus être qu’une fonctionnalité secondaire, dans le même temps, nous savons que les recettes récupérées par la RATP ou la SNCF sont dérisoires. Alors à qui profite le crime ? Qui mène vraiment le jeu ?

Le décret sur l’affichage issu du Grenelle de l’environnement enregistre recul sur recul. Les modifications de dernières minutes dictées par JC Decaux à la ministre de l’Ecologie condamne encore d’avantage le citoyen à toujours plus de publicité dans son espace public. Le dialogue est rompu, la ministre de l’Ecologie n’a même pas daigné nous recevoir.

Les écrans pubs espions sont des sources de lumières qui attirent l’oeil du
passant de façon systématique. Alors même que le message -souvent sans intérêt voire nocif- n’est pas sollicité, il nous est présenté sans que nous puissions le refuser tel un pourriel dans notre boite de réception. Le flux d’images coupe mécaniquement toute capacité de réflexion chez l’individu et peut occasionner l’arrêt d’une conversation.

L’écran publicitaire est muni d’une caméra espion chargé de mesurer
l’audience. Ce capteur est capable d’enregistrer et distinguer nos
silhouettes, expressions faciales et donc potentiellement de tracer nos
trajets. Bien que les fabricants assurent de son inactivité, ils entretiennent
l’opacité technologique en refusant le droit de vérification à la société
civile. De plus les indications légales devant mentionner toute présence de
vidéosurveillance, sous la forme d’un pictogramme notamment, ne sont même pas signalées livrant ainsi le citoyen à la merci d’expérimentation marketing malgré la sollicitation de la CNIL (1).

Alors même que la catastrophe de Fukushima n’est toujours pas maîtrisée, à l’heure où la question du virage énergétique fait débat, la RATP assume sans problème la pose de ces nouveaux écrans pubs dont chacun consomme l’équivalent électrique moyen de trois foyers français de quatre personnes. La RATP renvoie toujours la balle à Métrobus (filiale de Decaux et Publicis), qui n’a pourtant aucun droit sur sa politique. Selon les statuts de la RATP l’instance qui a le pouvoir est le STIF (syndicat des transports d’Île de France), dirigé par la région, qui manque cruellement de volonté politique et laisse libre les publicitaires d’aménager notre cadre de vie.

La présence des écrans pubs dans le métro n’est plus un mystère, mais leur expansion dans les villes de France est également une réalité que ce soit à Paris ou dans de nombreuses autres villes de France. L’entreprise JC Decaux ne cache pas ses intentions de remplacer au bout du processus l’ensemble des panneaux actuels au mépris de l’environnement et de la tranquillité des citoyens.

En réponse à cette agression, nous entamerons une marche citoyenne contre le système publicitaire depuis la place de la Bastille jusqu’à un lieu à forte densité humaine où des activistes barbouilleront des écrans vidéos espions fraîchement posés.

Nous demandons la réduction de la taille de la publicité à 50x70 cm ainsi que la suppression de l’ensemble des écrans publicitaires afin de défendre la liberté de réception des citoyens.

.....................................

Note :

(1) La CNIL avait rendu un avis partiel se refusant de commenter la légitimité des caméras espions et le consentement des personnes : http://antipub.org/spip.php?article141.



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Source : Courriel à Reporterre.

Contact : Les déboulonneurs

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