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Les marchés gratuits, ou Gratiferias : on donne et on prend, sans argent

Né dans la capitale argentine, le concept de marché gratuit a conquis de nombreuses villes. L’idée est simple : donner le superflu sans rien attendre en retour, pour que plaisir d’offrir ne rime pas avec consommation effrénée.


Imaginez un instant une brocante où derrière chaque étal vous seriez accueilli par un : « Servez-vous, tout est gratuit ». À première vue, l’idée peut faire sourire… Pourtant, ces marchés existent bel et bien à Buenos Aires, où ils ont lieu de façon régulière depuis 2010.

Baptisés gratiferias, ces événements ont vu le jour grâce à Ariel Bosio, un jeune Argentin lassé de devoir transporter ses possessions de déménagement en déménagement. Il explique : « J’ai découvert que je pouvais vivre avec moins d’affaires que ce que je possédais et que c’était surtout une question d’habitude ».

Après avoir offert son « surplus » aux amis de son école d’arts martiaux, Ariel crée le concept de gratiferias, qui se répand d’abord à travers les centres culturels de la ville avant de conquérir les places publiques.

N’importe qui peut organiser un gratiferia, à la seule condition que le lieu soit public, ouvert à tous et qu’aucun droit d’entrée ne soit exigé. Avec un message simple : « Amenez ce que vous voulez, ou rien du tout. Repartez avec ce qui vous plaît ».

Ni troc, ni réciprocité

Les gratiferias sont avant toute une invitation à se débarrasser de possessions matérielles devenues inutiles ou superflues, afin qu’elles circulent et profitent à d’autres.

Aux objets qui se trouvent habituellement sur un marché d’occasion, tels que vêtements, livres, meubles ou appareils électroniques, sont venus s’ajouter des biens immatériels. Les gratiferias sont aussi l’occasion de concerts, d’ateliers de toutes sortes, de projections cinématographiques ou encore de séances de massage. Bien sûr, toutes ces activités sont proposées gratuitement.

Claudia Cordobes organise des marchés gratuits à San Fernanda, dans la province de Buenos Aires et s’amuse des réactions du public : « Ceux qui viennent pour la première fois à un gratiferia le font par curiosité, un peu surpris, pour vérifier que tout est vraiment gratuit, comme on le leur a raconté ».

Sur sa page Facebook, le projet regroupe plus de 3 800 personnes, et connaît un succès croissant. Le concept dépasse déjà les frontières de l’Argentine et s’exporte vers les pays voisins, au Chili, en Uruguay, au Brésil, en Colombie ou au Mexique. Ariel Bosio s’enthousiasme : « Chaque jour, nous sommes un peu plus nombreux à adopter cette nouvelle forme de partage ».

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