Les semences paysannes en danger

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28 novembre 2011 / Confédération paysanne



« Le gouvernement impose un texte très favorable aux industriels de la semence, qui bafoue un droit ancestral des paysans, entame leur autonomie et représente une entrave à la biodiversité cultivée. »


Malgré une forte contestation paysanne qui a conduit à un premier report du débat parlementaire sur la proposition de loi de taxation des semences de ferme, le gouvernement a décidé mercredi dernier d’organiser à la sauvette son vote dès lundi prochain 28 novembre à 18h.

En interpellant les députés, le collectif « Semons la biodiversité » a constaté que la plupart d’entre eux seront absents. L’Assemblée Nationale ne se réunit en effet pratiquement jamais le lundi et leur agenda ne peut pas être modifié quand ils sont prévenus à la dernière minute.

Le collectif "Semons la biodiversité" juge inadmissible cette manière d’expédier un sujet très sensible et très controversé. Le gouvernement s’assoit sur la procédure démocratique pour imposer un texte très favorable aux industriels de la semence, qui bafoue un droit ancestral des paysans, entame leur autonomie et représente une entrave à la biodiversité cultivée.

Le collectif conteste un texte qui préfigure un vrai bouleversement pour l’ensemble des agriculteurs et une remise en cause de la souveraineté alimentaire.

Avec des paysans ligotés, une procédure expédiée et une démocratie piétinée, quel message le gouvernement adresse-t-il au citoyen ?

Cette proposition de loi digne de l’Ancien Régime a fait lever un vent de fronde dans les territoires ruraux. Et il risque fort d’emporter lors des législatives de 2012 bon nombre de députés qui la voteraient. Le collectif « Semons la biodiversité » est bien déterminé à les mettre sous surveillance démocratique et à faire largement connaître le vote de chacun d’eux.

Avec l’appel au rassemblement protestataire prévu lundi 28 novembre à 16h30 devant l’Assemblée et la pétition sur internet qui a déjà recueilli près de 17.000 signatures, ce mouvement des Indignés de l’Agriculture pour la souveraineté alimentaire exprime une réelle aspiration politique plus proche des citoyens. Il espère être entendu par les élus de la Nation.






Source : Semons la biodiversité

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