Mais si, le diesel peut être écologique

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13 mars 2013 / Roger Cans



Une voiture diesel, sobre et durant longtemps, évite le remplacement fréquent et le gaspillage de matières. Et la sobriété n’est-elle pas la vertu cardinale de l’écologie ?


Voici maintenant qu’on veut nous priver de diesel, sous prétexte qu’il nuirait à la santé et parce que les caisses sont vides. A ce compte, supprimons le tabac, l’alcool, la télévision, les feux dans la cheminée, et tout ce qui, à faible ou forte dose, peut nuire à la santé !

L’écologie, pour moi, n’est pas la santé (surtout lorsqu’elle est statistique et difficile à prouver) mais d’abord la sobriété, c’est-à-dire une consommation minimale des ressources de la planète. Or la voiture diesel est une voiture sobre. Ma vieille 205 Peugeot, achetée en 2001 mais construite en 1989, ne consomme que 4 ou 5 litres de carburant aux 100 kilomètres, ce qui est beaucoup moins que la même voiture à essence. Comme c’est une berline utilitaire à deux places, elle passe chaque année avec succès le contrôle anti-pollution.

La voiture diesel est aussi écologique pour d’autres raisons : elle dure en moyenne deux fois plus longtemps qu’une voiture à essence, disons 300.000 kilomètres au lieu de 150.000. Cette longue durée est une qualité écologique essentielle, puisqu’elle divise par deux la production de l’industrie automobile qui fabrique des voitures diesel pour une même clientèle.

Posséder une voiture qui roule depuis plus de vingt ans, c’est lutter contre la consommation à outrance, c’est défier l’obsolescence programmée. J’ai commencé comme beaucoup avec des voitures à essence (Fiat 600, Renault 4 L, etc.), dont la durée de vie, comparée à la voiture diesel, était plutôt brève. Pourquoi fabriquer ou acheter deux voitures au lieu d’une seule ? Bien sûr, cela fait marcher le commerce, mais cela puise dans la ressource, qu’il s’agisse de l’acier, des matières plastiques, du caoutchouc, du verre et de tous ces matériaux indispensable à la construction d’une voiture.

Notre société s’oriente de plus en plus vers le jetable. On nous pousse à la consommation : les ampoules vendues par deux, les brosses à dents par trois, les rasoirs (jetables) par dix, et tout à l’avenant. Indignons-nous contre ces méthodes commerciales qui transforment le citoyen en consommateur, en acteur de la croissance « à l’insu de son plein gré ».

Indignons-nous contre ces ordinateurs et ces portables périmés aussitôt qu’achetés. Refusons d’obéir à ces publicités pernicieuses (« On change d’heure, changez de montre ») et arc-boutons-nous contre toutes les incitations à changer de literie, de mobilier…ou de voiture.

Si le parc automobile diesel était si nocif pour la santé, la France n’arriverait pas en tête de l’Europe pour l’espérance de vie des hommes et des femmes de notre temps. Bien sûr, il vaut mieux rouler à vélo que rouler diesel, ce que j’ai fait durant vingt ans à Paris, et sans assistance électrique. Mais tant qu’à se déplacer en quatre roues, autant choisir le véhicule le plus sobre, le plus solide et le plus durable. C’est ainsi que je conçois l’écologie.

Que les hygiénistes rejoignent les économistes de la Cour des comptes en prônant d’aligner la taxation du diesel sur celle des autres carburants, cela sent un opportunisme de mauvais aloi, voire une funeste aubaine. Vive la voiture diesel, vive le véhicule à moteur qui est pour l’instant le plus écologique à l’usage !






Source : Courriel à Reporterre

Photo : 2.bp.blogspot.com

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