Marcoule : les causes et les conséquences de l’accident

Durée de lecture : 3 minutes

12 septembre 2011 / Morgane Bertrand (Le Nouvel Observateur)


Le site nucléaire de Marcoule a été créé en 1956 et s’étend sur les communes de Chusclan et Codolet, près de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Les quatre réacteurs du site ont définitivement cessé de fonctionner.

Ce qu’il s’est passé

Une explosion a eu lieu lundi 12 septembre dans l’usine Socodei, filiale d’EDF qui exploite le Centraco (Centre de traitement et de conditionnement des déchets radioactifs). Elle s’est produite dans un four qui fond des pièces métalliques faiblement radioactives pour les recycler ensuite sur d’autres sites nucléaires. Selon EDF, les métaux traités sont issus « de la maintenance et de la déconstruction des installations nucléaires des hôpitaux et des laboratoires de recherche ».

« 63.000 becquerels pour 4 tonnes de métaux dans le four, c’est très peu », confirme Thierry Charles, directeur de la sûreté des installations nucléaires à l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Il ne s’agit donc pas, selon lui, d’un accident nucléaire mais « d’un effet mécanique et thermique dont les conséquences touchent d’abord les opérateurs présents sur place ». On compte pour l’instant un mort, un brûlé grave transféré à l’hôpital de Montpellier et trois blessés légers.

Pas de rejets radioactifs à ce jour

Zéro rejets radioactifs et chimiques dans l’environnement, assure-t-on chez EDF, sur la base des mesures réalisées au niveau des cheminées. Autre signe rassurant : si les portes du local qui contenaient le four ont été soufflées, le bâtiment en béton armé n’a pas été dégradé. Ni le système de ventilation et de traitement des gaz avant rejet, précise Thierry Charles.

Un Plan d’urgence interne a toutefois été déclenché, le personnel reste confiné, et l’IRSN a envoyé une équipe sur place pour vérifier les dires de l’exploitant. Résultats attendus dans la soirée ou demain matin.

Pourquoi le four a-t-il explosé  ?

Les causes n’ont pas encore été clairement identifiées. Le four, cylindre dans lequel on place les métaux, tourne à l’électricité et est branché à un circuit d’eau de refroidissement. Pour qu’il explose, deux hypothèses : « Soit la présence dans les métaux à fondre d’un matériau incompatible, indique Thierry Charles, soit une réaction entre le métal fondu et l’eau en cas de fuite dans le circuit de refroidissement ». Un accident « bien connu des aciéristes traditionnels ».

Question : un tel accident aurait-il pu se produire avec des déchets fortement radioactifs ? « Ces déchets ne sont pas traités en incinération, explique Thierry Charles. Ils sont mis en décroissance, c’est-à-dire entreposés pour qu’ils perdent de leur activité avant d’être traités ». Notons que le traitement thermique des métaux ne neutralise pas leur radioactivité mais permet d’améliorer leur conditionnement en les réduisant à l’état de lingots.



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Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

Complément d’infos : Le communiqué de l’ASN

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