Pêche : la ministre de la mer pourrait exclure les bateaux industriels des côtes françaises
La pêche au chalut dans les Bancs des Flandres en mer du Nord, décembre 2024. - © Pierre Larrieu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
La pêche au chalut dans les Bancs des Flandres en mer du Nord, décembre 2024. - © Pierre Larrieu / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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La fin de la récréation va-t-elle bientôt sonner pour les navires industriels ? À l’occasion des Assises de la pêche, la ministre de la mer et de la pêche Catherine Chabaud a annoncé, jeudi 18 juin, vouloir lancer une consultation des États membres en juillet, afin d’« exclure » les navires de plus de 25 mètres des eaux côtières françaises en Manche-Est. Si ce processus aboutit, ces bateaux ne pourraient plus pêcher à moins de 12 miles nautiques (environ 22 kilomètres) des côtes.
Cette interdiction est soutenue depuis plusieurs années par des associations de défense de l’océan et des pêcheurs artisans. Chaque hiver, des navires gigantesques s’activent dans les eaux sensibles du littoral français. Mesurant parfois plus de 100 mètres de long, certains peuvent capturer jusqu’à 400 tonnes de poissons par jour. Bon nombre d’entre eux, comme l’« Annelies Ilena » et l’« Annie Hillina », opèrent pour le compte de « majors » industrielles néerlandaises, au détriment de la pêche artisanale locale.
Les navires industriels accaparent 10 % des poissons pêchés sur la bande côtière
Une récente note scientifique mise au point par des chercheurs de l’Institut Agro permet de chiffrer ce phénomène : chaque année, les navires industriels accaparent 10 % des poissons pêchés sur la bande côtière. Ce pourcentage atteint 45,5 % dans les Hauts-de-France. Contrairement aux pêcheurs artisans, qui travaillent sur des embarcations jusqu’à dix fois plus petites, ces navires sont peu dépendants de la zone, dans la mesure où ils n’y réalisent que 1 % de leurs captures totales.
Dans un communiqué, Bloom salue une mesure « historique », qui pourrait « mettre fin à une situation profondément inéquitable ». L’association promet de rester « très mobilisée aux côtés des pêcheurs jusqu’à l’application effective de cette mesure de bon sens ».