Marseille privée du Cévenol

Durée de lecture : 4 minutes

1er septembre 2012 / Aassociation des élus pour la défense du Cévenol



Le train entre Clermont-Ferrand et Marseille ne roule plus à partir du 3 septembre, pour travaux. En fait, la SNCF néglige cette ligne, ne respecte pas les termes du contrat passé avec l’État et ne remplit pas ses obligations à l’égard du Cévenol.


Maintien du Cévenol : L’URGENCE !

Triste et inquiétant compte à rebours pour les usagers du « Cévenol ». Le dimanche 2 septembre, ce train qui relie directement l’Auvergne à la Méditerranée par les Cévennes, pourrait rallier pour la dernière fois Marseille à Clermont-Ferrand. En effet, la limitation du parcours du Cévenol à Nîmes est prévue dès décembre prochain. L’intégralité de la ligne étant fermée dès le lundi 3 pour quatre mois de travaux, le Cévenol fera t-il ses adieux à Marseille un week-end de rentrée ?

L’association des élus pour la défense du Cévenol, avec le soutien de nombreux adhérents, se mobilise depuis plusieurs mois contre cet enterrement de première classe !

Une bataille du rail longue de plusieurs années

En 2006, la partie centrale de la ligne des Cévennes (gorges de l’Allier) est menacée de fermeture à cause d’une infrastructure dégradée et mal entretenue. C’est à ce moment là que naît l’association des élus pour la défense du Cévenol et de la ligne Clermont-Ferrand - Nîmes - Marseille.

Conjointement, les Régions Auvergne et Languedoc-Roussillon s’engagent dans le cadre de contrats avec l’Etat à réaliser des travaux réguliers sur cette ligne. Le tronçon en sursis est sauvé et la vitesse de circulation peut y être rehaussée. Aujourd’hui, malgré de nombreuses opérations de régénération, celle-ci reste globalement insuffisante, ce qui nuit toujours à l’attractivité du Cévenol qui souffre de bien d’autres maux.

Un train d’équilibre du territoire négligé : des engagements non tenus

Le Cévenol figure parmi les 40 trains d’équilibre du territoire (TET) retenus dans une convention signée entre l’État et la SNCF pour une période de 3 ans (2011-2013). Celle-ci a pour objectifs d’assurer le maintien de lignes déficitaires mais importantes pour l’irrigation de territoires peu denses et d’apporter une meilleure qualité de service aux usagers. Les TET dépendent de l’État, Autorité Organisatrice des Transports, qui assure l’équilibre financier de ces lignes ; en contrepartie la SNCF doit les maintenir et améliorer leur fonctionnement.

Synonyme d’espoir et de progrès, cette inscription dans la convention des TET n’a malheureusement rien changé pour le Cévenol. Vitesses de circulation insuffisantes, retards importants, matériel dégradé, absence de promotion et de visibilité commerciale : le Cévenol paraît être ignoré par la SNCF qui semble vouloir s’en débarrasser. Celle-ci ne respecte pas les termes du contrat passé avec l’État et ne remplit pas ses obligations à l’égard du Cévenol. De nombreux dysfonctionnements affectent régulièrement ce train et la situation s’est même singulièrement détériorée cet été avec des problèmes quasi-quotidiens.

Un parcours historique amputé : le Cévenol de TET à TER ?

Mesure hautement symbolique de cet abandon progressif du Cévenol : la limitation du parcours à Nîmes prévue dès la fin 2012. La SNCF justifie cette décision grave, qui compromet lourdement l’avenir de cette liaison nationale, par une gare de Marseille surchargée et la difficulté à disposer d’un sillon aller-retour entre Nîmes et Marseille. La fermeture pendant quatre mois de l’intégralité de la ligne, à l’occasion d’une campagne de travaux cet automne, serait-elle une manière insidieuse de faire passer cette mesure en douceur en préparant les voyageurs à la limitation du parcours du Cévenol à Nîmes ? Celle-ci pourrait préfigurer un déclassement du Cévenol en 2014 s’il ne figurait plus dans la prochaine convention des TET. Il devrait alors être remplacé par un TER et serait à la charge des Régions.

L’association des élus pour la défense du Cévenol en première ligne

Aujourd’hui et depuis plusieurs mois, l’association monte au front et intervient sans relâche pour :

- le maintien de la section Nîmes-Marseille, desserte historique, qui permet une relation ferroviaire directe (la seule d’ailleurs) entre les régions Auvergne, Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur ;

- le maintien du statut de ligne nationale pour la « ligne des Cévennes » ;

- l’amélioration de la qualité du service conformément aux objectifs de la convention des TET.

Suite aux élections du printemps dernier, l’avenir compromis du Cévenol et les manquements de la SNCF à son égard ont été présentés, comme avant à leurs prédécesseurs, aux nouveaux Ministres des Transports et de l’Egalité des Territoires, auprès desquels l’association a sollicité un rendez-vous.






Source : Association des élus pour la défense du Cévenol

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