Mme Bricq, inconnue au bataillon écolo

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18 mai 2012 / Fabrice Nicolino

Ex-fan de l’industrialiste Chevènement puis du capitaliste Strauss-Kahn, Nicole Bricq est la ministre de l’Ecologie de François Hollande


Ce qui suit n’est pas une action publicitaire, mais une explication. Je dois rendre à Charlie-Hebdo - à paraître, donc - un papier sur les écolos, le gouvernement, et la nouvelle ministresse de l’Écologie, madame Nicole Bricq. Je ne peux par conséquent m’étendre ici, j’espère qu’on me comprendra. Je tiens tout de même à préciser qu’à mes yeux, les vieux renards socialos ont tendu un piège à plusieurs détentes, dont j’aurai l’occasion de reparler, c’est l’évidence.

Concernant madame Bricq, aussi écologiste que ma voisine de palier - que vous ne connaissez pas, hélas pour vous -, deux ou trois mots. Elle a fait toute sa carrière au parti socialiste depuis qu’elle y est entrée en 1972. Elle avait alors 25 ans, et elle était chevènementiste. Je ne peux raconter, faute de temps, ce que le Ceres (Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste) - le courant d’alors de Chevènement - aura apporté à la France et au monde. On peut s’en faire une idée à distance. Ce fut grand.

Madame Bricq a dirigé la fédération socialiste de Paris pour le compte de Chevènement entre 1981 et 1983. Elle n’a quitté le grand homme, après avoir été sa conseillère quand il était ministre de la Défense, qu’à l’extrême fin de 1990. Au moment où Chevènement démissionnait de son poste pour cause de guerre du Golfe.

Évidemment, il me faut rappeler que Chevènement a toujours été l’ennemi - je dis bien : l’ennemi - de l’écologie. Partisan de l’industrie lourde et du nucléaire, patriotard comme on n’en fait plus, chantre du progrès et de la technoscience, il n’a pas toujours fait rire.

Madame Bricq a ensuite fait partie du courant Démocratie et Socialisme, celui de DSK, lui aussi grand partisan - et d’ailleurs lobbyiste appointé par EDF - du nucléaire. Je n’insiste pas sur le reste. Madame Bricq a quitté le courant DSK quand ce dernier est parti diriger le FMI en 2007. Y serait-elle encore si DSK était resté à Paris ? On ne le saura pas. Ensuite, elle rejoint Hollande. En 2009.

A-t-elle eu un mot pour la nature, la biodiversité, le massacre des forêts tropicales et des mers ? A-t-elle seulement évoqué la tragédie biblique du dérèglement climatique ? À ma connaissance, non. Tout indique donc que le ministère de l’Écologie et de l’Énergie est en de bonnes mains. D’ailleurs, les écologistes officiels, de France Nature Environnement (FNE) au WWF, sont ravis. Un signe qui ne trompe pas.




Source : Planète sans visa

Photo : Jdd

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