Monsanto conserve des semences OGM en France

Durée de lecture : 4 minutes

25 janvier 2012 / Confédération paysanne // Midi libre



Malgré le moratoire sur la culture des OGM, Monsanto conserve en France des semences OGM : c’est ce qu’ont découvert la Confédération paysanne et des Faucheurs volontaires qui ont investi l’entrepôt de la firme à Trèbes (Aude), le 24 janvier.


Confédération paysanne

Les ministères de l’environnement et de l’agriculture ont le vendredi 13 janvier réaffirmé qu’ils avaient envoyé un courrier aux semenciers leur demandant de ne pas commercialiser de semences, celles-ci devant être interdites au semis cette année.

Selon les représentants du Ministère de l’écologie, Monsanto se serait engagée à ne pas distribuer d’OGM en France cette année. Le 24 janvier, les Faucheurs Volontaires et les paysans de la Confédération Paysanne l’ont pourtant pris la main dans le sac... de semences d’OGM qu’elle entrepose en grande quantité dans ses locaux de Trèbes, près de Carcassonne.

Lorsque le gouvernement prendra sa clause de sauvegarde fin février, ses sacs de semences transgéniques auront été acheminés légalement dans les fermes aux bord des champs. Personne ne pourra alors empêcher qu’elles soient semées. Les agriculteurs de l’Association Générale des Producteurs de Maïs de la FNSEA ont déjà annoncé des semis précoces et se préparent aussi à semer lorsque la clause de sauvegarde aura été annulée, dès la fin des élections présidentielles. Et de toute façon, le gouvernement n’a pas les moyens d’analyser tous les champs de maïs.

Monsanto n’ayant pas obtenu d’autorisation pour la consommation humaine du pollen de son maïs OGM qui sera inévitablement récolté par les abeilles, tout miel contaminé sera interdit à la vente et détruit comme un déchet toxique suite au jugement de la Cour de Justice de l’Union Européenne.
Les apiculteurs devront déserter toutes les zones de maïs, condamnés par Monsanto et consort, à migrer vers des zones à priori « plus sures ». Mais pour aller où ? Et au nom de l’intérêt de qui ?

Fera-t-on un jour le bilan de ce qu’à déjà couté Monsanto à nos sociétés ?
La Confédération Paysanne demande une fois de plus au gouvernement de ne pas se contenter d’une clause de sauvegarde appuyée sur les mêmes motifs qui ont déjà été invalidés par le Conseil d’État, mais de prendre immédiatement une interdiction de cession, de vente et de culture des semences de maïs MON 810 fondée, comme le veulent les lois françaises et européennes, sur la protection des cultures conventionnelles et sans OGM et de l’apiculture en particulier.


Le site Monsanto de Trèbes investi par la Confédération paysanne et les Faucheurs

Midi Libre

Mardi 24 janvier à l’aube, une centaine de militants de la Confédération paysanne et des Faucheurs volontaires ont investi le site Monsanto, à Trèbes. Venus de tout le Grand-Sud, ils ont aisément franchi le maigre barrage d’une poignée de gendarmes, informés - comme, semble-t-il, la direction locale de Monsanto -, de l’imminence d’une telle opération.

Objectif, explique Michel David, porte-parole audois de la Conf’ : « Faire une inspection citoyenne du centre de conditionnement de semences et dénoncer la présence de semences OGM de Mon 810 ». Une cinquantaine de sacs de 10 kg de semences de maïs, dont les anti-OGM réclament l’interdiction, ont été détruits.

Au-delà, il s’agissait, pour les militants, de « maintenir la pression » sur les pouvoirs publics, après l’annulation par la Cour européenne de justice, puis le Conseil d’État du moratoire décrété par le gouvernement, en février 2008, sur les cultures OGM.

Il y a deux semaines, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie, et Bruno Le Maire, son homologue de l’Agriculture, ont reçu les anti-OGM et les ont assurés de leur volonté de s’opposer à de telles cultures, « mais on ne voit toujours rien venir », déplore Jean Sabench, apiculteur catalan et membre de la Conf’.

Face à Jean-Luc Dairien, directeur des territoires et de la mer, et Frédéric Bovet, directeur du cabinet du préfet, venus sur le site à Trèbes, les opposants entendaient obtenir une date précise quant à la signature d’un arrêté ministériel « interdisant la cession, la circulation et la mise en culture » de maïs OGM.

En fin de matinée, la ministre de l’Agriculture a indiqué que « le gouvernement prendra une ’clause de sauvegarde’ avant la fin février pour interdire la mise en culture du Mon 810 avant les semailles, mais pas trop tôt avant, pour que la Commission européenne n’ait pas le temps de la remettre en cause ». Les manifestants ont ensuite, sans incident, quitté le site autour duquel s’étaient massées les forces de gendarmerie.






Source :
Communiqué de presse de la Confédération paysanne
Midi Libre

Photo : La Dépêche

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