Nicolas Hulot se voit de nouveau candidat à l’élection présidentielle

Durée de lecture : 3 minutes

16 décembre 2010 / Claire Snegaroff - AFP

Nicolas Hulot a fait une entrée fracassante dans le tableau de bord des personnalités politiques Ifop pour Paris Match de décembre, occupant d’emblée la première place.


Après avoir longtemps hésité puis finalement renoncé en 2007, l’écologiste Nicolas Hulot, dont la popularité est au zénith, réfléchit à nouveau à une candidature à la prochaine présidentielle. Tout aussi partagé, il prendra sa décision « avant l’été ».

Comment être « utile » ? Comment susciter un vrai débat sur « la mutation » nécessaire de nos sociétés vers un « nouveau modèle économique » ? La question le « taraude », a-t-il assuré jeudi à l’AFP, en marge d’un colloque sur les 20 ans de sa Fondation.

Une candidature en 2012 ? « On n’évacue pas d’un non ou d’un oui une question comme celle-là », reconnaît l’animateur de télévision, en soulignant que l’idée initiale ne vient pas de lui. « On regarde si cela peut avoir une petite chance d’amener le débat public sur des questions essentielles ».

En 2007, Nicolas Hulot s’était déjà posé LA question.

Le suspense avait duré de longs mois. Des sondages le créditaient même d’environ 15% d’intentions de vote début décembre 2006. Mais en janvier, soit trois mois avant le premier tour, il renonçait à se présenter.
Il avait néanmoins déjà obtenu quelque chose : les principaux candidats, dont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, s’étaient engagés à adopter, au moins en partie, son « pacte écologique » : dix propositions et cinq engagements concrets, fiscaux et institutionnels notamment. Et fin janvier, exercice inédit, Hulot leur faisait passer un grand oral pour détailler leur profession de foi.

Pour 2012, la feuille de route est encore floue.

« Au niveau de la Fondation, on n’interviendra pas de la même manière. On alimentera le débat mais il n’y aura pas de reproduction, me semble-t-il, d’un pacte écologique », dit-il. Quant à une possible candidature, la décision sera prise « avant l’été », assure-t-il.

« Si jamais, je devais prendre une initiative, il faut que je clarifie ma relation avec la Fondation parce qu’il ne faut pas qu’il y ait de confusion des genres, et la loi nous oblige, un an avant l’élection présidentielle, à clarifier les choses », explique-t-il.

Il y réfléchit donc, mais, dans le même souffle, lâche qu’il n’est pas « programmé culturellement pour ça ».

Pour Hulot, il est nécessaire de mettre un certain nombre de questions à « l’agenda politique », la première étant l’invention d’un « modèle économique compatible avec la réalité physique du monde » et ses ressources finies.

Nos sociétés font face à un « dilemme », souligne-t-il, faisant allusion aux théories de l’économiste anglais Tim Jackson, auteur du livre Prospérité sans croissance, et présent lors du colloque anniversaire de la Fondation.

« Il y a la croissance qui sape les conditions de la prospérité de demain, et la décroissance qui peut être une tragédie sociale. Ce dilemme, pour l’instant, on ne l’a pas résolu. Et notre rôle, c’est de rendre cette question incontournable », assure Hulot.

S’il devait se lancer, l’écologiste assure qu’il fera tout pour ne pas « handicaper » le parti Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Pour le secrétaire national aux relations extérieures du parti, Jean-Vincent Placé, la candidate, « c’est Eva Joly ». Mais Hulot « serait un très bon candidat », ajoute-t-il, tout en s’interrogeant : « Est-ce qu’il compte s’inscrire dans la démarche des primaires ? »

Nicolas Hulot a fait une entrée fracassante dans le tableau de bord des personnalités politiques Ifop pour Paris Match de décembre, occupant d’emblée la première place. « Je ne sais pas si je dois m’en effrayer ou m’en réjouir », dit-il en souriant. « Il y a une très jolie formule qui dit : plus vous savez, avoir l’air intelligent, c’est une promesse dure à tenir », enchaîne-t-il, un sourire encore plus large.



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