La « touristification » du monde en question

Durée de lecture : 2 minutes

14 novembre 2018 / Sous la coordination de Bernard Duterme

Sous la coordination de Bernard Duterme, économistes, sociologues, anthropologues, « touristologues » du Sud dressent, dans « La domination touristique », le bilan de la « touristification » du monde

  • Présentation du livre par son éditeur :

« Fait social total », le marché touristique international s’apparente aussi à un rapport de domination.

Il met en présence — asymétrique — opérateurs, visiteurs et visités. Les premiers se concurrencent ou se conglomèrent, les deuxièmes s’imitent ou se distinguent, les derniers se précipitent ou se retirent.

Si la croissance continue du secteur repose sur sa massification et sa diversification, le droit à la mobilité récréative — 1,4 milliard de séjours à l’étranger en 2018 — reste un privilège, dont la démocratisation réelle déborderait les capacités d’absorption écologique du globe.

Pour l’heure, moins d’un humain sur quinze est en position politique, culturelle et économique de visiter les quatorze restants.

Migrations d’agrément et de désagrément se croisent aux frontières, béantes pour les uns, grillagées pour les autres, des régions émettrices et réceptrices.
La mise en tourisme d’une destination induit des recompositions socio-économiques, culturelles et territoriales.

Participent-elles d’une amélioration ou d’une dégradation des conditions de vie des populations locales ?

Le bilan est problématique : les coûts et bénéfices engendrés par les flux de vacanciers se répartissent injustement. Et tendent à creuser les écarts.
L’Organisation mondiale du tourisme et quantité d’acteurs conscients des dégâts plaident pour l’adoption de pratiques éthiques et durables. Laissant indemnes toutefois les mécanismes mêmes de l’intrusion : dérégulation, libéralisation et marchandisation des lieux et des comportements, au service de la « touristification » du monde.

Une critique transversale de la domination touristique (tourisme de masse, écotourisme, tourisme solidaire, tourisme et droits des femmes…), ainsi que des focus régionaux (Inde, Maroc, ­Népal­, Mexique, Indonésie, Haïti…) par des analystes du Sud (économistes, sociologues, anthropologues, « touristologues » d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine).


  • La domination touristique, sous la coordination de Bernard Duterme, éditions Syllepse, septembre 2018, 168 p., 13 €.

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