PHOTOGRAPHIE - Les blessures de l’anthropocène

Durée de lecture : 2 minutes

18 février 2019 / Francesca Piqueras

Francesca Piqueras, dans « Movimento », approfondit son travail sur la relation entre l’homme avec la nature en photographiant les montagnes de la régions de Carrare, amputées pour son marbre et le fleuve Jaune, en Chine, emprisonné pour en tirer de l’électricité. Exposition à Paris du 18 février au 31 mars.

  • Présentation de l’exposition par son organisateur :

Francesca Piqueras, que l’on connaît pour ses photographies d’épaves abandonnées à la rouille, présente à la galerie de l’Europe une nouvelle série très différente, qui s’inscrit néanmoins dans la continuité de ce travail. C’est une même thématique, une même obsession que creuse et approfondit ici cette artiste à la démarche singulière, fascinée par le rapport que l’homme entretient avec la nature. Mais c’est vers le continent qu’elle a braqué, cette fois, son objectif, et sur les deux éléments fondamentaux que sont la pierre et l’eau :

  • les montagnes de la région de Carrare, en Italie, que l’on ampute et que l’on débite pour s’en approprier le marbre ;
  • le fleuve Jaune, en Chine, dont on emprisonne le cours derrière des
    forteresses de béton pour s’en approprier l’énergie et en tirer de l’électricité.

Non seulement Francesca Piqueras nous montre, sur des clichés séparés, les blessures de la roche et le jaillissement des eaux soudain libérées au cours de phénoménaux « lâchés » trisannuels, mais elle les confronte aussi dans des diptyque qui forment comme les deux faces d’un même martyr : d’un côté la plaie ouverte et, de l’autre, le sang qui jaillit.

En braquant son objectif sur la pierre et l’eau, éléments fondamentaux réduits ici à l’état de « matière première », la photographe Francesca Piqueras nous confronte au rapport que nos sociétés industrielles entretiennent au monde et aux réalités physiques, tout autant que métaphysiques, de la nouvelle ère dans laquelle nous sommes entrés : celle de l’anthropocène.


  • Movimento, de Francesca Piqueras, exposition à la galerie de l’Europe, 55 rue de Seine, 75006 Paris, du 18 février au 31 mars.

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